Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 4
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Andilly, Soisy, et d'autres petites localités charmantes et accueillantes. Nous respirions un air frais et avions de la gaieté plein les yeux. On avait de quoi aimer la France. Le Maroc était très loin derrière nous.
Mes parents :
Ma mère me manquait énormément. Sa présence me réconfortait en plusieurs occasions. Elle fut mon amie, ma confidente et ma conseillère. Son souvenir ne me quitte jamais. Elle était belle, grande et toujours coquette dans son habillement. Elle avait de beaux yeux verts à reflets mordorés très expressifs lui donnant un regard de madone. Elle avait le teint brun d'une jolie méditerranéenne. Avec le temps et les grossesses, elle prit du poids. Elle ne grondait jamais mais ses yeux savaient nous parler. Elle avait de la sympathie pour les plus pauvres comme pour n'importe quel autre personnage. C'était une femme admirable.
Mon père avait un beau visage. Il avait le teint d'une blancheur éclatante. Ses pommettes rouges lui donnaient l'allure d'un gros poupon. En prenant de l'âge, il devint bedonnant. Il était très connu des gens de la ville, et très estimé de tous. Je ne pouvais pas croire au surnom que mes cousins donnaient à mon père : « le banquier ». Sa fonction de caissier à la Banque d'État du Maroc lui valait ce surnom. Il avait l'habitude de distribuer quelques monnaies à ses neveux et nièces lors de ses visites à Rabat. Il était généreux, avec eux, allez savoir pourquoi ! Mais pas avec nous, ses enfants. On devait pleurer pour avoir un crayon ou un cahier pour l'école. Il ne comprenait pas. Il aidait les pauvres de la Communauté avec beaucoup de bonté. C'était le bon samaritain des malheureux affamés. Mon père a été décoré du titre de chevalier de Ouissam Alaouite, décerné par le sultan Mohammed V. Proposition de M. le Commissaire Résident Général, de la République Française au Maroc. La Commission des Ordres Chérifiens, lors de sa réunion du 24 avril 1931, avait accepté sa candidature. Suivaient les félicitations d'usage. Et ce n'est pas tout ! Médaille d'Honneur du Travail Argent. Médaille de donneur de sang. Et secrétaire trésorier de notre communauté depuis plus de 30 ans.
Une anecdote peu banale : Papa ne s'était jamais impliqué à prendre des décisions comme celle-là, sans en référer, au préalable, à la volonté de maman. Mais le fait d'en être le responsable, maman l'accueillit favorablement.
Un jour mon père eut la bonne idée de se trouver entre deux jeunes militaires qu'il croisa sur sa route. L'un dit à l'autre :
- Tu ne m'as rien laissé à manger ce midi, et j'ai faim.
Il était 13 h. Mon père l'interpelle ; croyant avoir à faire à un soldat religieux. C'était la Pâque Juive. Le pain était remplacé par des galettes qu'on appelle « pain azyme ».
- Vous avez faim, mon ami ? Je vous invite chez moi. Venez !
Faisant demi-tour avec le jeune militaire, il dit à maman :
- Marie, ce jeune homme n'a pas diné !
Ma mère, très perspicace, devina aussitôt qu'il était étranger à nos coutumes. Imaginez la tête du jeune homme ! Cette rencontre l'avait sauvé de la faim. Elle le fit asseoir en lui disant aimablement : Soyez le bienvenu. Ce soldat mangea de bon appétit, toute la nourriture que maman lui présenta. II la remercia, avec toute la joie d'un bon repas qu'il venait de manger.
Le bénévolat en temps de guerre :
Faire du bénévolat me plaisait beaucoup. La guerre était au centre de nos préoccupations. À 17 ans, je fus membre d'une association de bienfaisance, dirigée par deux sœurs dans la quarantaine, les demoiselles Roux. Cette association avait pour objectif d'apporter de l'aide morale et la pratique des activités à tous ceux dont la nécessité fait loi.
Vous pouvez réagir ICI
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Andilly, Soisy, et d'autres petites localités charmantes et accueillantes. Nous respirions un air frais et avions de la gaieté plein les yeux. On avait de quoi aimer la France. Le Maroc était très loin derrière nous.
Mes parents :
Ma mère me manquait énormément. Sa présence me réconfortait en plusieurs occasions. Elle fut mon amie, ma confidente et ma conseillère. Son souvenir ne me quitte jamais. Elle était belle, grande et toujours coquette dans son habillement. Elle avait de beaux yeux verts à reflets mordorés très expressifs lui donnant un regard de madone. Elle avait le teint brun d'une jolie méditerranéenne. Avec le temps et les grossesses, elle prit du poids. Elle ne grondait jamais mais ses yeux savaient nous parler. Elle avait de la sympathie pour les plus pauvres comme pour n'importe quel autre personnage. C'était une femme admirable.
Mon père avait un beau visage. Il avait le teint d'une blancheur éclatante. Ses pommettes rouges lui donnaient l'allure d'un gros poupon. En prenant de l'âge, il devint bedonnant. Il était très connu des gens de la ville, et très estimé de tous. Je ne pouvais pas croire au surnom que mes cousins donnaient à mon père : « le banquier ». Sa fonction de caissier à la Banque d'État du Maroc lui valait ce surnom. Il avait l'habitude de distribuer quelques monnaies à ses neveux et nièces lors de ses visites à Rabat. Il était généreux, avec eux, allez savoir pourquoi ! Mais pas avec nous, ses enfants. On devait pleurer pour avoir un crayon ou un cahier pour l'école. Il ne comprenait pas. Il aidait les pauvres de la Communauté avec beaucoup de bonté. C'était le bon samaritain des malheureux affamés. Mon père a été décoré du titre de chevalier de Ouissam Alaouite, décerné par le sultan Mohammed V. Proposition de M. le Commissaire Résident Général, de la République Française au Maroc. La Commission des Ordres Chérifiens, lors de sa réunion du 24 avril 1931, avait accepté sa candidature. Suivaient les félicitations d'usage. Et ce n'est pas tout ! Médaille d'Honneur du Travail Argent. Médaille de donneur de sang. Et secrétaire trésorier de notre communauté depuis plus de 30 ans.
Une anecdote peu banale : Papa ne s'était jamais impliqué à prendre des décisions comme celle-là, sans en référer, au préalable, à la volonté de maman. Mais le fait d'en être le responsable, maman l'accueillit favorablement.
Un jour mon père eut la bonne idée de se trouver entre deux jeunes militaires qu'il croisa sur sa route. L'un dit à l'autre :
- Tu ne m'as rien laissé à manger ce midi, et j'ai faim.
Il était 13 h. Mon père l'interpelle ; croyant avoir à faire à un soldat religieux. C'était la Pâque Juive. Le pain était remplacé par des galettes qu'on appelle « pain azyme ».
- Vous avez faim, mon ami ? Je vous invite chez moi. Venez !
Faisant demi-tour avec le jeune militaire, il dit à maman :
- Marie, ce jeune homme n'a pas diné !
Ma mère, très perspicace, devina aussitôt qu'il était étranger à nos coutumes. Imaginez la tête du jeune homme ! Cette rencontre l'avait sauvé de la faim. Elle le fit asseoir en lui disant aimablement : Soyez le bienvenu. Ce soldat mangea de bon appétit, toute la nourriture que maman lui présenta. II la remercia, avec toute la joie d'un bon repas qu'il venait de manger.
Le bénévolat en temps de guerre :
Faire du bénévolat me plaisait beaucoup. La guerre était au centre de nos préoccupations. À 17 ans, je fus membre d'une association de bienfaisance, dirigée par deux sœurs dans la quarantaine, les demoiselles Roux. Cette association avait pour objectif d'apporter de l'aide morale et la pratique des activités à tous ceux dont la nécessité fait loi.
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