Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 2
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : C'est ainsi que, deux mois plus tard, de passage à Rabat, en visite chez le notaire, je rencontrai mon cousin Élie.
À 21 ans, il avait contracté la tuberculose. Sa mère le soigna tant et si bien, en rapport avec le médecin, qu'au bout de 8 mois il avait recouvré sa santé. Il était venu chez nous, au décès de maman. Et à la mort de mon mari, il me présenta ses condoléances. Sa maladie n'était qu'un mauvais souvenir. Divorcé et père d'une petite fille, il reprenait lentement ses activités. Sa santé avait repris le dessus. Son physique le rendait sympathique. Toujours en costume et cravate, il évoluait dans le milieu des affaires. J'appris plus tard que son plus grand défaut était son ignorance intellectuelle. Infidèle, brutal, égoïste et menteur. Notre rencontre avait été purement familiale. C'était le neveu de mon père, et son comportement si chaleureux me donna confiance. Je me rendis chez sa mère, ma tante. Je restai donc chez eux jusqu'au lendemain.
Le soir il m'invita à la terrasse d'un café, histoire de prendre le frais. La conversation avait pris une tournure très animée. Il me promettait monts et merveilles si je l'épousais. Il était seul, sans attache, et moi aussi. Ma candide nature crut à ses belles paroles sans penser que j'embarquais dans une galère. Je déménageai à Rabat avec le cœur plein d'espoir. Veuve d'un premier mariage, je pensai que le second serait un hymen pour le restant de mes jours. J'épousai mon second mari, Élie, le 18 mars 1952. Où est passé l'homme au grand cœur, qui me fit, un soir, rêver d'un avenir merveilleux ? Mon second mariage fut un désastre. J'avais été bernée sans vergogne. Bel homme, un sourire engageant et la parole mensongère m'ont rendu aveugle.
Pourquoi n'ai-je pas pris le temps de réfléchir ? Ma lucidité fut de courte durée. Comme toujours, je n'ai pas su prendre le temps de la réflexion. La rapidité de mes actions me joue des mauvais tours. Mon bonheur n'avait duré que le temps de le dire. Ce mariage était voué à l'échec dès le début. Mon conjoint, marocain, sans état-civil, ne comprenait pas l'importance d'un livret de famille français, surtout pour les enfants. En peu de temps, je m'aperçus des mesquineries de celui qui m'avait conté fleurette. Il avait bien caché son jeu. Je lui avais plu, le temps d'une amourette. Sa jalousie mal intentionnée, le rendait méchant et agressif. Pourquoi ne l'ai-je pas divorcé ? Des parents qui vous inculquent le bon sens du mariage et le mauvais côté d'un divorce ? Ou bien le mari cherchant une échappatoire, ne veut entendre parler de séparation ? Sa situation financière était plutôt à déplorer. Il s'accrochait à un semblant d'amour qui n'existait plus entre nous. J'étais toujours prête à m'en aller, mais il était toujours là pour me rattraper. Mon tourment dura plusieurs années. J'accouchai de mes trois enfants espérant une vie meilleure. Mais non ! Sa paternité lui paraissait un lourd fardeau. Je travaillais tous les jours hors de chez moi. La journée, une gardienne s'occupait de mes enfants, étant encore en bas âge. Je travaillai aux Chèques Postaux après plusieurs tentatives pour trouver un travail. Durant deux ans, j'ai pu faire ma place au sein de cet organisme. Puis la chance aidant, je fus acceptée comme secrétaire à la Trésorerie Générale. J'étais une fonctionnaire du gouvernement français.
Je laissai derrière moi, mon passé et mes belles espérances. Mais le hasard fut le complice de mes années antérieures. L'horloge sonne midi quand je quittai mon bureau. Je rentrai chez moi, empruntant le grand boulevard. Je longeai le jardin public où la beauté du site exhalait un bouquet de parfum. Tout à mes pensées, je marchais d'un pas alerte. Mes petits m'attendaient. Tout à coup, je vis arriver à ma hauteur, une Chevrolet noire. Ma surprise fut totale. Jean était assis au volant de sa voiture et me faisait signe. J'étais loin d'évoquer sa présence, ici. J'étais émue et heureuse de le revoir. Il s'était marié avec la promise pour faire plaisir à sa mère. Il voyait souvent ma jeune sœur. Colette, bonne messagère, le renseignait sur ma santé. Il lui demandait de mes nouvelles et parlait souvent de moi. Ma sœur me disait qu'il m'aimait toujours. Il n'avait pas quitté Port-Lyautey. Il continua ses visites, à Rabat, un bon bout de temps, me prenant par surprise. Un jour où accoudée à la portière de sa voiture, mon mari, vint à passer, s'arrêtant brusquement quand il me vit. Je l'abandonnai aussitôt. Ce fut sa dernière visite. Je continuai à gérer ma vie, autant que possible, en me consacrant au bonheur de mes enfants. Mon existence avec mon conjoint n'avait guère changée. Toujours dans un même esprit volage. Son comportement me laissa indifférente. Je savais que mon ménage battait de l'aile.
Vous pouvez réagir ICI
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : C'est ainsi que, deux mois plus tard, de passage à Rabat, en visite chez le notaire, je rencontrai mon cousin Élie.
À 21 ans, il avait contracté la tuberculose. Sa mère le soigna tant et si bien, en rapport avec le médecin, qu'au bout de 8 mois il avait recouvré sa santé. Il était venu chez nous, au décès de maman. Et à la mort de mon mari, il me présenta ses condoléances. Sa maladie n'était qu'un mauvais souvenir. Divorcé et père d'une petite fille, il reprenait lentement ses activités. Sa santé avait repris le dessus. Son physique le rendait sympathique. Toujours en costume et cravate, il évoluait dans le milieu des affaires. J'appris plus tard que son plus grand défaut était son ignorance intellectuelle. Infidèle, brutal, égoïste et menteur. Notre rencontre avait été purement familiale. C'était le neveu de mon père, et son comportement si chaleureux me donna confiance. Je me rendis chez sa mère, ma tante. Je restai donc chez eux jusqu'au lendemain.
Le soir il m'invita à la terrasse d'un café, histoire de prendre le frais. La conversation avait pris une tournure très animée. Il me promettait monts et merveilles si je l'épousais. Il était seul, sans attache, et moi aussi. Ma candide nature crut à ses belles paroles sans penser que j'embarquais dans une galère. Je déménageai à Rabat avec le cœur plein d'espoir. Veuve d'un premier mariage, je pensai que le second serait un hymen pour le restant de mes jours. J'épousai mon second mari, Élie, le 18 mars 1952. Où est passé l'homme au grand cœur, qui me fit, un soir, rêver d'un avenir merveilleux ? Mon second mariage fut un désastre. J'avais été bernée sans vergogne. Bel homme, un sourire engageant et la parole mensongère m'ont rendu aveugle.
Pourquoi n'ai-je pas pris le temps de réfléchir ? Ma lucidité fut de courte durée. Comme toujours, je n'ai pas su prendre le temps de la réflexion. La rapidité de mes actions me joue des mauvais tours. Mon bonheur n'avait duré que le temps de le dire. Ce mariage était voué à l'échec dès le début. Mon conjoint, marocain, sans état-civil, ne comprenait pas l'importance d'un livret de famille français, surtout pour les enfants. En peu de temps, je m'aperçus des mesquineries de celui qui m'avait conté fleurette. Il avait bien caché son jeu. Je lui avais plu, le temps d'une amourette. Sa jalousie mal intentionnée, le rendait méchant et agressif. Pourquoi ne l'ai-je pas divorcé ? Des parents qui vous inculquent le bon sens du mariage et le mauvais côté d'un divorce ? Ou bien le mari cherchant une échappatoire, ne veut entendre parler de séparation ? Sa situation financière était plutôt à déplorer. Il s'accrochait à un semblant d'amour qui n'existait plus entre nous. J'étais toujours prête à m'en aller, mais il était toujours là pour me rattraper. Mon tourment dura plusieurs années. J'accouchai de mes trois enfants espérant une vie meilleure. Mais non ! Sa paternité lui paraissait un lourd fardeau. Je travaillais tous les jours hors de chez moi. La journée, une gardienne s'occupait de mes enfants, étant encore en bas âge. Je travaillai aux Chèques Postaux après plusieurs tentatives pour trouver un travail. Durant deux ans, j'ai pu faire ma place au sein de cet organisme. Puis la chance aidant, je fus acceptée comme secrétaire à la Trésorerie Générale. J'étais une fonctionnaire du gouvernement français.
Je laissai derrière moi, mon passé et mes belles espérances. Mais le hasard fut le complice de mes années antérieures. L'horloge sonne midi quand je quittai mon bureau. Je rentrai chez moi, empruntant le grand boulevard. Je longeai le jardin public où la beauté du site exhalait un bouquet de parfum. Tout à mes pensées, je marchais d'un pas alerte. Mes petits m'attendaient. Tout à coup, je vis arriver à ma hauteur, une Chevrolet noire. Ma surprise fut totale. Jean était assis au volant de sa voiture et me faisait signe. J'étais loin d'évoquer sa présence, ici. J'étais émue et heureuse de le revoir. Il s'était marié avec la promise pour faire plaisir à sa mère. Il voyait souvent ma jeune sœur. Colette, bonne messagère, le renseignait sur ma santé. Il lui demandait de mes nouvelles et parlait souvent de moi. Ma sœur me disait qu'il m'aimait toujours. Il n'avait pas quitté Port-Lyautey. Il continua ses visites, à Rabat, un bon bout de temps, me prenant par surprise. Un jour où accoudée à la portière de sa voiture, mon mari, vint à passer, s'arrêtant brusquement quand il me vit. Je l'abandonnai aussitôt. Ce fut sa dernière visite. Je continuai à gérer ma vie, autant que possible, en me consacrant au bonheur de mes enfants. Mon existence avec mon conjoint n'avait guère changée. Toujours dans un même esprit volage. Son comportement me laissa indifférente. Je savais que mon ménage battait de l'aile.
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