Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 4
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Les alliés progressent dans la lutte contre l'ennemi. Le bataillon « la Coloniale » est toujours en position de départ mais attend un ordre qui ne vient pas vite.
Une rumeur circule. L'armée du Général Leclerc est en position de force à Témara. Ce bataillon de choc enrôle tous ceux qui désertent leur Compagnie régulière. Ce général, dynamique et plein de courage, n'attend pas les ordres de Vichy. Il est prêt à envoyer son armée sur tous les fronts. Pour le gouvernement de Vichy, cette armée est un nid de déserteurs. Le Général Leclerc, militaire de grande valeur, réussit son plan d'actions sans l'aide d'un gouvernement fantoche. Estimé par tous ses soldats qui luttent pour la libération de la France, lui rendent hommage en grossissant les rangs de l'armée Leclerc. Ces jeunes militaires, encouragés par un départ imminent vers le front, changent de camp. Mes deux filleuls sont venus nous dire adieu. Leur régiment a reçu l'ordre d'avancer. Leur départ nous attriste, mais leur joie se lit sur leur visage ; enfin! Contents de fouler le sol français, ils quittent le Maroc avec beaucoup d'espoir de revenir vivant. Roger, pour une raison ou pour une autre, est toujours en attente d'un départ vers une destination inconnue. Son statut est différent des autres. Il nous rend visite ; c'est l'heure des informations diffusées de Londres à la radio. Chaque jour un message codé est émis par la BBC. Les codes sont parfois difficiles à déchiffrés. Je le vois, attentif, tendant l'oreille. Se peut-il qu'il reçoive un message de Londres par ce moyen détourné ? Mais oui ! Prenant son mal en patience, il continue à nous rendre visite. Mon ami parle de son sport favori, l'équitation. Je l'écoute avec une attention particulière. Il me dit à brûle pourpoint :
-Aimez-vous l'équitation ?
-Pourquoi me posez-vous cette question ?
-Parce que j'aimerais vous inviter à monter à cheval ! dit-il en souriant.
-Êtes-vous sérieux ?
-Bien sûr, Léo !
-Je suis confuse de vous montrer mon enthousiasme ! En y réfléchissant bien, je me demande par quel hasard il trouvera deux chevaux pour une promenade dans la campagne ? Il avait visité les environs avant de m'en parler, bien évidemment. L'aube venait de se lever; c'était un jeudi. La journée qui s'annonçait belle sentait déjà la rosée du matin. L'herbe fraîche parfumait l'air d'un bel après-midi de printemps. Le charme printanier m'enveloppa d'un léger parfum campagnard apportant son lot de joie et de bonheur. J'envisage ma promenade à cheval comme la pire des folies. Pourrait-elle se passer sans à-coup ? Tenant les deux chevaux par leur bride, je vois arriver Roger, un grand sourire aux lèvres. Mon émotion est à son comble.
-C'est très facile, vous verrez ! Mettez un pied dans l'étrier !
-Je ne suis jamais montée à cheval, et vous le savez !
-Cet animal est très docile. Je l'ai choisi spécialement pour vous !
-Heureusement ! Je n'y connais rien en chevaux, mais je vous fais confiance ! Faire de l'équitation me semblait une folie. Mais voilà, c'est tellement excitant de monter à cheval pour la première fois. J'avais quand même peur du ridicule si je venais à tomber.
J'éprouvai un malin plaisir pour ce sport. Roger était un excellent cavalier. Sur son cheval, il avait fière allure. Sans trop de difficulté, assise sur ma selle, je me tenais raide comme la justice. Mon compagnon en cavalier émérite, me guidait au besoin. Après une chevauchée à travers champs, je me sentais heureuse et joyeuse. L'équitation m'emballait. Je le remerciai de m'avoir fait connaître une telle émotion. J'avais l'air d'une petite fille à qui on a offert un beau cadeau.
-Je vous remercie de votre gentillesse ! Vous m'avez fait vivre des instants excitants ! Lui dis-je en riant.
Marraine de guerre de deux jeunes et charmants soldats transférés en première ligne, j'avais pour mission de leur adresser des encouragements et parfois quelques gâteries pour les aider à supporter l'enfer de la guerre. Ce que nous faisions avec l'aide de maman. J'écrivis une lettre à mon filleul Jean. Sur le point de me rendre à la poste, je sortis de la maison et rencontrai mon ami Roger. En me voyant, il me dit :
-Je me rends à la poste. Je vous revois tout à l'heure ?
-Vous allez à la poste ? Ça tombe bien. Auriez-vous la bonté de me poster cette lettre ? Ça m'évitera une marche.
-Oui! Bien sûr ! Je lui remis l'enveloppe sans aucune explication quant à son contenu. Il la prit et la mit dans sa poche. Je le savais honnête et très pointilleux des convenances. Le lendemain, il vint à ma rencontre sans enthousiasme, ce qui n'était pas dans ses habitudes.
-Quelle mine, mes aïeux ? Vous avez avalé une couleuvre, Roger ?
Rongé par le remord, il hésita un moment. Je l'encourage d'un sourire avenant.
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Les alliés progressent dans la lutte contre l'ennemi. Le bataillon « la Coloniale » est toujours en position de départ mais attend un ordre qui ne vient pas vite.
Une rumeur circule. L'armée du Général Leclerc est en position de force à Témara. Ce bataillon de choc enrôle tous ceux qui désertent leur Compagnie régulière. Ce général, dynamique et plein de courage, n'attend pas les ordres de Vichy. Il est prêt à envoyer son armée sur tous les fronts. Pour le gouvernement de Vichy, cette armée est un nid de déserteurs. Le Général Leclerc, militaire de grande valeur, réussit son plan d'actions sans l'aide d'un gouvernement fantoche. Estimé par tous ses soldats qui luttent pour la libération de la France, lui rendent hommage en grossissant les rangs de l'armée Leclerc. Ces jeunes militaires, encouragés par un départ imminent vers le front, changent de camp. Mes deux filleuls sont venus nous dire adieu. Leur régiment a reçu l'ordre d'avancer. Leur départ nous attriste, mais leur joie se lit sur leur visage ; enfin! Contents de fouler le sol français, ils quittent le Maroc avec beaucoup d'espoir de revenir vivant. Roger, pour une raison ou pour une autre, est toujours en attente d'un départ vers une destination inconnue. Son statut est différent des autres. Il nous rend visite ; c'est l'heure des informations diffusées de Londres à la radio. Chaque jour un message codé est émis par la BBC. Les codes sont parfois difficiles à déchiffrés. Je le vois, attentif, tendant l'oreille. Se peut-il qu'il reçoive un message de Londres par ce moyen détourné ? Mais oui ! Prenant son mal en patience, il continue à nous rendre visite. Mon ami parle de son sport favori, l'équitation. Je l'écoute avec une attention particulière. Il me dit à brûle pourpoint :
-Aimez-vous l'équitation ?
-Pourquoi me posez-vous cette question ?
-Parce que j'aimerais vous inviter à monter à cheval ! dit-il en souriant.
-Êtes-vous sérieux ?
-Bien sûr, Léo !
-Je suis confuse de vous montrer mon enthousiasme ! En y réfléchissant bien, je me demande par quel hasard il trouvera deux chevaux pour une promenade dans la campagne ? Il avait visité les environs avant de m'en parler, bien évidemment. L'aube venait de se lever; c'était un jeudi. La journée qui s'annonçait belle sentait déjà la rosée du matin. L'herbe fraîche parfumait l'air d'un bel après-midi de printemps. Le charme printanier m'enveloppa d'un léger parfum campagnard apportant son lot de joie et de bonheur. J'envisage ma promenade à cheval comme la pire des folies. Pourrait-elle se passer sans à-coup ? Tenant les deux chevaux par leur bride, je vois arriver Roger, un grand sourire aux lèvres. Mon émotion est à son comble.
-C'est très facile, vous verrez ! Mettez un pied dans l'étrier !
-Je ne suis jamais montée à cheval, et vous le savez !
-Cet animal est très docile. Je l'ai choisi spécialement pour vous !
-Heureusement ! Je n'y connais rien en chevaux, mais je vous fais confiance ! Faire de l'équitation me semblait une folie. Mais voilà, c'est tellement excitant de monter à cheval pour la première fois. J'avais quand même peur du ridicule si je venais à tomber.
J'éprouvai un malin plaisir pour ce sport. Roger était un excellent cavalier. Sur son cheval, il avait fière allure. Sans trop de difficulté, assise sur ma selle, je me tenais raide comme la justice. Mon compagnon en cavalier émérite, me guidait au besoin. Après une chevauchée à travers champs, je me sentais heureuse et joyeuse. L'équitation m'emballait. Je le remerciai de m'avoir fait connaître une telle émotion. J'avais l'air d'une petite fille à qui on a offert un beau cadeau.
-Je vous remercie de votre gentillesse ! Vous m'avez fait vivre des instants excitants ! Lui dis-je en riant.
Marraine de guerre de deux jeunes et charmants soldats transférés en première ligne, j'avais pour mission de leur adresser des encouragements et parfois quelques gâteries pour les aider à supporter l'enfer de la guerre. Ce que nous faisions avec l'aide de maman. J'écrivis une lettre à mon filleul Jean. Sur le point de me rendre à la poste, je sortis de la maison et rencontrai mon ami Roger. En me voyant, il me dit :
-Je me rends à la poste. Je vous revois tout à l'heure ?
-Vous allez à la poste ? Ça tombe bien. Auriez-vous la bonté de me poster cette lettre ? Ça m'évitera une marche.
-Oui! Bien sûr ! Je lui remis l'enveloppe sans aucune explication quant à son contenu. Il la prit et la mit dans sa poche. Je le savais honnête et très pointilleux des convenances. Le lendemain, il vint à ma rencontre sans enthousiasme, ce qui n'était pas dans ses habitudes.
-Quelle mine, mes aïeux ? Vous avez avalé une couleuvre, Roger ?
Rongé par le remord, il hésita un moment. Je l'encourage d'un sourire avenant.
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