Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 3
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Je ne me souviens plus exactement, mais il n'était pas tombé sous les balles de l'ennemi. En me quittant, il m'avait donné son adresse et le nom de sa sœur. J'espère qu'il aura survécu et heureux au milieu de sa famille.
L'utile à l'agréable :
Monsieur Phalip est un collègue de mon père, à la banque d'État du Maroc. Ce monsieur l'informe de la création d'une école de sténodactylographie.
-Inscrivez vos filles, lui dit-il. C'est un bel avenir pour elles. Mon épouse est la fondatrice, mandatée par le ministère de l'Éducation Nationale, à Paris. Elle a pour mission de décerner les diplômes de sténodactylo à l'appui des examens qu'elle fait passer aux étudiantes. Elle est assistée par un avocat-conseil de la Cour de Paris.
Papa inscrivit ma sœur Odette, disant qu'avec un diplôme, c'était son avenir assuré. Ce qu'il ne savait pas, mon cher papa, c'est que moi aussi, j'étais disposée à étudier la sténo. Ma mère paya mes cours, avec l'argent de la maison que lui donnait, chaque mois, mon père. Après un test préalable du français, je fus admise à pratiquer la sténo. En calligraphie, la vitesse est essentielle. Le texte doit être reproduit intégralement, sans faute d'orthographe. Pas facile sans un bon vocabulaire. Nous étions en 1944. La 2è guerre mondiale n'était pas terminée. Je me trouvai à un cours de sténo, lorsque j'appris, fortuitement, que l'armée française recrutait des femmes pour conduire les ambulances de l'armée. Elle se mit à nous vanter le bien-fondé de notre engagement. J'étais enthousiasmée à l'idée de m'engager. N'étant pas majeur, mes 19 ans avaient besoin du consentement des parents. Mon père ne s'y opposa pas.
Mai 1944 — Mon engagement
J'étais une engagée volontaire dans l'armée française en mai 1944. Mon affectation au 32è Train à Port-Lyautey sous matricule 106 comblait mon désir de me rendre utile. Mon engagement, dans l'armée féminine, a été, pour moi, une belle expérience de maturité. Port-Lyautey, était la ville, par excellence, des armées françaises. Le 32è Train est une unité de l'armée pour le transport routier de tous les régiments. Les hommes manquaient pour combattre en Europe. Le recrutement des ambulancières permettait aux armées plus de soldats sur les fronts. Leur participation dans le milieu de la santé avait l'allure d'un essaim d'abeilles.
Elles étaient partout où nécessitaient les urgences de l'armée. En 1941, l'Allemagne gagne du terrain sur le continent européen. Il occupe déjà l'Est de l'Europe. Les échos de la guerre parviennent au Maroc par bribes insolites. La France occupée, à un besoin urgent de former ses troupes en bataillon de choc. L'Afrique du Nord apporte à la France les moyens d'intervenir en invitant les français à s'engager. Dans cette optique, le régiment du 32è train a pour mission le transport terrestre des forces armées dans tous les avant-postes et à leur déplacement dans la région. La caserne est un immense entrepôt, bâti avec ses bureaux et ses quartiers. Un vaste hangar mitoyen abrite de gros camions militaires et du matériel routier nécessaire à la réfection de ce matériel. Les ambulances font parties de l'armada motorisée de l'armée. L'Afrique du Nord est la plaque tournante des armées en marche vers le front. Tenant compte de l'emplacement de notre caserne, la démarcation était limitée au Nord, limitrophe Arbaoua, petite localité à la frontière Maroc-Espagnole. Au sud, Rabat était notre limite. Rabat est le plus important hôpital militaire pour grands blessés et grands malades. Les ambulances avaient besoin de conducteurs expérimentés et notre engagement rendait la tâche difficile. Pour cause : l'inexpérience des candidates en la matière. Nous manquions de pratique dans tous les domaines : la sécurité routière et la santé. Avec mes coéquipières, une prise en charge, par un expert, était nécessaire pour combler ce vide. Apprendre à conduire, connaître la mécanique d'une voiture, prendre ses responsabilités pour le bien d'autrui, me rendait fière. Notre équipe était bien structurée. Notre implication faisait partie de nos prérogatives. Acheminer les blessés et malades vers les hôpitaux militaires, en un temps record. Brancardières et premiers soins à donner aux blessés. Le service ambulancier avait besoin de mains compétentes, en matière non seulement de la conduite ou du brancardage, mais aussi avoir la notion de base des premiers soins à donner aux blessés : (les garrots, les piqûres, les médicaments ordonnés par le médecin et bien d'autres choses) ; un stage d'un mois nous avait appris l'essentiel en la matière. L'apprentissage allait encore plus loin. La connaissance du moteur avait son importance pour notre survie. Une séance d'information par des experts nous avait montré comment se sortir d'une panne mécanique : (jauge d'huile, le carburateur, panne d'essence à éviter, changement de roue crevée). Après cette mise au point, nous pouvions, dès lors, prendre part au plan d'action établi par l'armée. La notion d'apprentissage avait été primordiale pour nous. Son utilité n'était pas à dédaigner. Durant mes treize mois de service militaire, mon travail m'apporta d'immenses satisfactions. Mais, aussi, la jalousie et la haine. Le respect d'autrui a un sens moral pour moi. J'étais jeune, timide, et remplie de compassion pour des grands blessés. J'avais appris de mes parents, la bonté et la générosité. J'avais beaucoup de considération envers mes aînés.
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Je ne me souviens plus exactement, mais il n'était pas tombé sous les balles de l'ennemi. En me quittant, il m'avait donné son adresse et le nom de sa sœur. J'espère qu'il aura survécu et heureux au milieu de sa famille.
L'utile à l'agréable :
Monsieur Phalip est un collègue de mon père, à la banque d'État du Maroc. Ce monsieur l'informe de la création d'une école de sténodactylographie.
-Inscrivez vos filles, lui dit-il. C'est un bel avenir pour elles. Mon épouse est la fondatrice, mandatée par le ministère de l'Éducation Nationale, à Paris. Elle a pour mission de décerner les diplômes de sténodactylo à l'appui des examens qu'elle fait passer aux étudiantes. Elle est assistée par un avocat-conseil de la Cour de Paris.
Papa inscrivit ma sœur Odette, disant qu'avec un diplôme, c'était son avenir assuré. Ce qu'il ne savait pas, mon cher papa, c'est que moi aussi, j'étais disposée à étudier la sténo. Ma mère paya mes cours, avec l'argent de la maison que lui donnait, chaque mois, mon père. Après un test préalable du français, je fus admise à pratiquer la sténo. En calligraphie, la vitesse est essentielle. Le texte doit être reproduit intégralement, sans faute d'orthographe. Pas facile sans un bon vocabulaire. Nous étions en 1944. La 2è guerre mondiale n'était pas terminée. Je me trouvai à un cours de sténo, lorsque j'appris, fortuitement, que l'armée française recrutait des femmes pour conduire les ambulances de l'armée. Elle se mit à nous vanter le bien-fondé de notre engagement. J'étais enthousiasmée à l'idée de m'engager. N'étant pas majeur, mes 19 ans avaient besoin du consentement des parents. Mon père ne s'y opposa pas.
Mai 1944 — Mon engagement
J'étais une engagée volontaire dans l'armée française en mai 1944. Mon affectation au 32è Train à Port-Lyautey sous matricule 106 comblait mon désir de me rendre utile. Mon engagement, dans l'armée féminine, a été, pour moi, une belle expérience de maturité. Port-Lyautey, était la ville, par excellence, des armées françaises. Le 32è Train est une unité de l'armée pour le transport routier de tous les régiments. Les hommes manquaient pour combattre en Europe. Le recrutement des ambulancières permettait aux armées plus de soldats sur les fronts. Leur participation dans le milieu de la santé avait l'allure d'un essaim d'abeilles.
Elles étaient partout où nécessitaient les urgences de l'armée. En 1941, l'Allemagne gagne du terrain sur le continent européen. Il occupe déjà l'Est de l'Europe. Les échos de la guerre parviennent au Maroc par bribes insolites. La France occupée, à un besoin urgent de former ses troupes en bataillon de choc. L'Afrique du Nord apporte à la France les moyens d'intervenir en invitant les français à s'engager. Dans cette optique, le régiment du 32è train a pour mission le transport terrestre des forces armées dans tous les avant-postes et à leur déplacement dans la région. La caserne est un immense entrepôt, bâti avec ses bureaux et ses quartiers. Un vaste hangar mitoyen abrite de gros camions militaires et du matériel routier nécessaire à la réfection de ce matériel. Les ambulances font parties de l'armada motorisée de l'armée. L'Afrique du Nord est la plaque tournante des armées en marche vers le front. Tenant compte de l'emplacement de notre caserne, la démarcation était limitée au Nord, limitrophe Arbaoua, petite localité à la frontière Maroc-Espagnole. Au sud, Rabat était notre limite. Rabat est le plus important hôpital militaire pour grands blessés et grands malades. Les ambulances avaient besoin de conducteurs expérimentés et notre engagement rendait la tâche difficile. Pour cause : l'inexpérience des candidates en la matière. Nous manquions de pratique dans tous les domaines : la sécurité routière et la santé. Avec mes coéquipières, une prise en charge, par un expert, était nécessaire pour combler ce vide. Apprendre à conduire, connaître la mécanique d'une voiture, prendre ses responsabilités pour le bien d'autrui, me rendait fière. Notre équipe était bien structurée. Notre implication faisait partie de nos prérogatives. Acheminer les blessés et malades vers les hôpitaux militaires, en un temps record. Brancardières et premiers soins à donner aux blessés. Le service ambulancier avait besoin de mains compétentes, en matière non seulement de la conduite ou du brancardage, mais aussi avoir la notion de base des premiers soins à donner aux blessés : (les garrots, les piqûres, les médicaments ordonnés par le médecin et bien d'autres choses) ; un stage d'un mois nous avait appris l'essentiel en la matière. L'apprentissage allait encore plus loin. La connaissance du moteur avait son importance pour notre survie. Une séance d'information par des experts nous avait montré comment se sortir d'une panne mécanique : (jauge d'huile, le carburateur, panne d'essence à éviter, changement de roue crevée). Après cette mise au point, nous pouvions, dès lors, prendre part au plan d'action établi par l'armée. La notion d'apprentissage avait été primordiale pour nous. Son utilité n'était pas à dédaigner. Durant mes treize mois de service militaire, mon travail m'apporta d'immenses satisfactions. Mais, aussi, la jalousie et la haine. Le respect d'autrui a un sens moral pour moi. J'étais jeune, timide, et remplie de compassion pour des grands blessés. J'avais appris de mes parents, la bonté et la générosité. J'avais beaucoup de considération envers mes aînés.
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