Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 4
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : À mon arrivée au camp militaire, un lieutenant m'accoste. Étonné de me voir à la place d'une autre, il me posa la question :
- Quel est votre secteur ? Mademoiselle.
- Port-Lyautey, mon lieutenant !
- Ah! dit-il, déçu. Cet appel a été mal dirigé ! Je te regrette !
Ce lieutenant, désappointé par la tournure des choses s'excusa, tout penaud. En fin de compte, je trouvai amusant cette confusion. J'en profitai pour rendre visite à une amie, Mme Audo, dont la sœur, Jeannette, est mon amie d'enfance. Je vécus au côté de Jeannette depuis ma naissance jusqu'à l'âge adulte. Elle fut toute heureuse de me revoir. Je remarquai son visage rayonnant à ma vue, en tenue de l'armée. Elle m'invita à diner, ce que j'acceptai avec joie. Son métier de sage-femme lui permit d'ouvrir une maternité à Meknès. Elle me présenta au docteur qui travaillait avec elle. Après cet intermède, je retournai dans mon fief, à Port-Lyautey. Roulant tranquillement, à la vitesse normale décrétée par le code de la route, je me disais que j'avais de la chance. Au bout d'un moment, un automobiliste qui arrivait à ma hauteur, me fit des gestes désespérés.
- Que me veut cet homme ? Pensai-je étonnée.
Gesticulant comme un beau diable, j'en vins à me demander s'il me fallait obéir. Sa vitre baissée, il m'obligea à me ranger sur le bord de la route.
- Que se passe-t-il, Monsieur ? Dis-je d'un air renfrogné.
- Je pense que vous êtes en danger, Mademoiselle ! Vous avez une roue crevée. Vous ne pouvez aller bien loin comme ça ! Je m'aperçois, en effet, qu'une grande catastrophe vient d'être évitée. Prenant un air plus conciliant, je m'excusai de mon entêtement. Je le remerciais de son intervention inopinée. Normalement, une bonne conductrice se rend compte en conduisant que son véhicule tangue. Moi, pas du tout. Quelle piètre conductrice j'étais ! Il demanda à son chauffeur de me remplacer la roue crevée. Ce geste me donna confiance envers l'homme.
- Je suis confuse ! Dis-je en le remerciant d'un ton affable. Vous venez de me sauver la vie ! La chambre à air était inutilisable. On aurait dit que des souris avaient grignoté tout le caoutchouc. L'adjudant n'en revenait pas. Un grave accident avait pu être évité grâce à la vigilance d'un inconnu qui passait sur ma route.
À la caserne, toujours une équipe en place. Je suis de service. C'est mon tour de garde. Les urgences continuent leur farandole. Cette fois, la demande vient d'Arbaoua. Ce régiment de tirailleurs marocains se trouve basé à la frontière du Maroc-espagnol. Ce campement militaire est très éloigné de notre garnison. De plus, l'endroit est désert et sans âmes qui vivent. Seulement, très loin de la route, on remarque des installations de bidonvilles, occupés par les indigènes. On ne peut se risquer la nuit de peur de se faire attaquer. Après vérification du moteur, de la jauge d'huile et du plein d'essence, ma coéquipière prend le volant. Je m'assieds sur le siège avant. L'après-midi est bien avancé. Le ciel parait clément. Le retour sera-t-il aussi simple ? Après une longue route où la chaleur de l'été semble nous narguer, nous arrivons au camp à la nuit tombée. Le malade souffre d'un panaris au doigt. C'est très douloureux et des soins sont nécessaires. On l'installe dans l'ambulance et l'on repart pour l'hôpital.
Au départ d'Arbaoua, la nuit nous surprend. La lune est restée cachée. Sur la route, aucun poteau électrique, pas même de lampadaires à des kilomètres. Le chemin à parcourir nous semble long et l'espoir d'arriver sans encombre s'amenuise de plus en plus que la nuit s' avance. Silencieuses, nous sommes à l'affût du moindre bruit. Nous roulons en silence. Le malade est enfermé dans l'ambulance et ne peut sortir seul. C'est un soldat marocain enrôlé dans l'année française. Ma collègue ne dit mot, espérant comme moi que tout ira bien. Le malade a besoin d'être hospitalisé, c'est indéniable. Que doit-on faire d'un soldat malade dans une ambulance en panne ? Nous essayons de ne pas y penser. Mais la réalité est devant nous. 23 h déjà ! Tout allait bien sur la route lorsque la panne tant redoutée surgit inopinément. À 8 kms de la caserne, panne d'essence. Quelle malchance ! Deux jeunes femmes, seules au milieu d'un désert, avec un malade à l'arrière du véhicule ! Il y avait de quoi trembler de peur. L'abord des hameaux environnants n'est pas éclairé. Le manque d'électricité dans cette région n'est guère rassurant. Sortir de ce pétrin n'est pas facile. La panne d'essence est loin d'être réglée. Pas de station d'essence dans les alentours. Avec son consentement, je préférai partir en éclaireur, priant le ciel de m'éviter les mauvaises rencontres. Son rôle n'était pas de tout repos, non plus. Le règlement est strict. Ne pas abandonner l'ambulance, ni le malade. Par malheur, mes chaussures à talon m'empêchent de courir. Sur la route, ma peur s'estompe d'un coup.
Vous pouvez réagir ICI
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : À mon arrivée au camp militaire, un lieutenant m'accoste. Étonné de me voir à la place d'une autre, il me posa la question :
- Quel est votre secteur ? Mademoiselle.
- Port-Lyautey, mon lieutenant !
- Ah! dit-il, déçu. Cet appel a été mal dirigé ! Je te regrette !
Ce lieutenant, désappointé par la tournure des choses s'excusa, tout penaud. En fin de compte, je trouvai amusant cette confusion. J'en profitai pour rendre visite à une amie, Mme Audo, dont la sœur, Jeannette, est mon amie d'enfance. Je vécus au côté de Jeannette depuis ma naissance jusqu'à l'âge adulte. Elle fut toute heureuse de me revoir. Je remarquai son visage rayonnant à ma vue, en tenue de l'armée. Elle m'invita à diner, ce que j'acceptai avec joie. Son métier de sage-femme lui permit d'ouvrir une maternité à Meknès. Elle me présenta au docteur qui travaillait avec elle. Après cet intermède, je retournai dans mon fief, à Port-Lyautey. Roulant tranquillement, à la vitesse normale décrétée par le code de la route, je me disais que j'avais de la chance. Au bout d'un moment, un automobiliste qui arrivait à ma hauteur, me fit des gestes désespérés.
- Que me veut cet homme ? Pensai-je étonnée.
Gesticulant comme un beau diable, j'en vins à me demander s'il me fallait obéir. Sa vitre baissée, il m'obligea à me ranger sur le bord de la route.
- Que se passe-t-il, Monsieur ? Dis-je d'un air renfrogné.
- Je pense que vous êtes en danger, Mademoiselle ! Vous avez une roue crevée. Vous ne pouvez aller bien loin comme ça ! Je m'aperçois, en effet, qu'une grande catastrophe vient d'être évitée. Prenant un air plus conciliant, je m'excusai de mon entêtement. Je le remerciais de son intervention inopinée. Normalement, une bonne conductrice se rend compte en conduisant que son véhicule tangue. Moi, pas du tout. Quelle piètre conductrice j'étais ! Il demanda à son chauffeur de me remplacer la roue crevée. Ce geste me donna confiance envers l'homme.
- Je suis confuse ! Dis-je en le remerciant d'un ton affable. Vous venez de me sauver la vie ! La chambre à air était inutilisable. On aurait dit que des souris avaient grignoté tout le caoutchouc. L'adjudant n'en revenait pas. Un grave accident avait pu être évité grâce à la vigilance d'un inconnu qui passait sur ma route.
À la caserne, toujours une équipe en place. Je suis de service. C'est mon tour de garde. Les urgences continuent leur farandole. Cette fois, la demande vient d'Arbaoua. Ce régiment de tirailleurs marocains se trouve basé à la frontière du Maroc-espagnol. Ce campement militaire est très éloigné de notre garnison. De plus, l'endroit est désert et sans âmes qui vivent. Seulement, très loin de la route, on remarque des installations de bidonvilles, occupés par les indigènes. On ne peut se risquer la nuit de peur de se faire attaquer. Après vérification du moteur, de la jauge d'huile et du plein d'essence, ma coéquipière prend le volant. Je m'assieds sur le siège avant. L'après-midi est bien avancé. Le ciel parait clément. Le retour sera-t-il aussi simple ? Après une longue route où la chaleur de l'été semble nous narguer, nous arrivons au camp à la nuit tombée. Le malade souffre d'un panaris au doigt. C'est très douloureux et des soins sont nécessaires. On l'installe dans l'ambulance et l'on repart pour l'hôpital.
Au départ d'Arbaoua, la nuit nous surprend. La lune est restée cachée. Sur la route, aucun poteau électrique, pas même de lampadaires à des kilomètres. Le chemin à parcourir nous semble long et l'espoir d'arriver sans encombre s'amenuise de plus en plus que la nuit s' avance. Silencieuses, nous sommes à l'affût du moindre bruit. Nous roulons en silence. Le malade est enfermé dans l'ambulance et ne peut sortir seul. C'est un soldat marocain enrôlé dans l'année française. Ma collègue ne dit mot, espérant comme moi que tout ira bien. Le malade a besoin d'être hospitalisé, c'est indéniable. Que doit-on faire d'un soldat malade dans une ambulance en panne ? Nous essayons de ne pas y penser. Mais la réalité est devant nous. 23 h déjà ! Tout allait bien sur la route lorsque la panne tant redoutée surgit inopinément. À 8 kms de la caserne, panne d'essence. Quelle malchance ! Deux jeunes femmes, seules au milieu d'un désert, avec un malade à l'arrière du véhicule ! Il y avait de quoi trembler de peur. L'abord des hameaux environnants n'est pas éclairé. Le manque d'électricité dans cette région n'est guère rassurant. Sortir de ce pétrin n'est pas facile. La panne d'essence est loin d'être réglée. Pas de station d'essence dans les alentours. Avec son consentement, je préférai partir en éclaireur, priant le ciel de m'éviter les mauvaises rencontres. Son rôle n'était pas de tout repos, non plus. Le règlement est strict. Ne pas abandonner l'ambulance, ni le malade. Par malheur, mes chaussures à talon m'empêchent de courir. Sur la route, ma peur s'estompe d'un coup.
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