Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 3
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment :
- Cette robe est magnifique ! Me dit-il.
- Merci du compliment !
- J'aime votre coiffure !
Puis notre conversation prit une tournure très anodine :
- Cette robe est magnifique ! Me dit-il.
- Merci du compliment !
- J'aime votre coiffure !
Je change de sujet et fais diversion. Mes questions sont personnelles.
- Connaissez-vous Henri depuis longtemps ?
- Oui, je le connais depuis notre enfance !
- C'est un bon ami pour vous, n'est-ce pas ?
- Oui, un bon ami que je côtoie souvent.
- Je pense qu'il a un faible pour ma sœur !
- Vous en parle-t-il ?
- Oui ! C'est un gentil garçon, bien sous tous les rapports. Votre sœur sera heureuse avec lui.
Je danse, légère et voluptueuse. Dans ses bras, je suis une nymphe. Toute la soirée, je fus sa cavalière. Ma mère aimait la musique ; elle avait l'oreille musicale et jouait admirablement bien de la mandoline. Elle ne manquait jamais de nous accompagner à un bal. Elle ne dansait pas, mais venait avec nous pour le plaisir d'écouter l'orchestre. Le charme de la musique la mettait à l'aise. Elle aimait la danse et prenait plaisir à voir évoluer les couples. La soirée était déjà bien avancée, quand tout à coup, je vis ma mère avec un visage soucieux. Je sentais que quelque chose la tracassait. Toute la soirée, Michel n'avait dansé qu'avec moi. Est-elle inquiète parce qu'elle ne sait rien de lui ? Ou bien veut-elle en savoir davantage ? Henri, son ami, peut la renseigner. Ils sont amis depuis si longtemps ! Port-Lyautey est une petite ville où les habitants se connaissent bien. Mes parents ont bien connu les parents d'Henri. Ce n'est pas un inconnu pour elle. Mais Michel ! Qui est-il ? Elle interroge Henri, sur son ami.
- Michel, de quelle famille est-il ? Il n'a pas quitté ma fille de toute la soirée!
- Michel ? C'est un bon ami. Il vient d'une famille de colon, très riche. C'est un algérien musulman. Imaginez un peu le sursaut de ma mère. Sans être raciste, c'est une question d'éthique. Maman, prétextant la fatigue, me fait signe d'arrêter la danse. Il est tard et il faut partir. Pourquoi, cette subite décision ? J'étais à cent lieues de me douter les raisons de ce départ précipité. La soirée avait bien commencé, mais je restai sur ma faim pour la terminer en beauté. Si j'avais pensé avoir trouvé, ce soir, un amoureux, c'était raté. Je repris mes esprits en pensant qu'il valait mieux écouter la voix de la sagesse. À la maison, ma mère m'expliqua la raison de son ressentiment. La vision d'une mère vaut la peine qu'on s'y arrête. Je n'avais aucun regret en quittant la fête. Il était déjà près d'une heure du matin et la soirée était presque terminée. La situation du jeune homme était incompatible avec nos convictions religieuses. Il fallait couper court à l'envoûtement d'un charme impossible à contrôler. Je passai la nuit, non pas à pleurer mais à ressasser ces instants merveilleux où je ne pensai à rien, qu'au bonheur de la danse. J'ai assisté à de grands bals donnés en l'honneur d'associations très importantes. La soirée du Club nautique a été pour moi une belle aventure. Le plaisir de la danse, la robe du soir et l'ambiance extraordinaire de la fête m'ont donné la joie d'être une jeune fille comblée.
Le destin est fait de nombreux hasards. Un jour de printemps, avec mes soeurs, nous formions le projet de voyager. Sans trop s'éloigner de chez nous, on se préparait à faire un voyage à Casablanca. Un baptême de l'air imprévu. Une histoire incroyable...pour quatre jeunes filles qui ne connaissaient rien de la vie.
Un « Jet » à notre disposition :
Visiter le Maroc à l'époque du protectorat français était un beau voyage. Aujourd'hui, la publicité en fait un pays merveilleux, surtout le Sud marocain. Je n'ai jamais eu l'occasion de visiter le Sud. On le dit très pittoresque et les indigènes amicaux. Le nord du pays n'est peut-être pas aussi attrayant, mais il est aussi attachant. J'y ai mes attaches. Des souvenirs de ma jeunesse me reviennent en mémoire avec beaucoup d'émotion. On ne peut oublier la terre qui vous a vu naître, grandir et s'éveiller à la vie. L'hiver a terminé sa course pour laisser place au lumineux printemps d'Afrique du Nord. Le mois de mai, la campagne est en fleurs. La brise du matin ravive la verdure de l'herbe et le parfum des plantes. Quelle est jolie la campagne avec ses fleurs des champs ! L'air est si agréable à respirer ! Nous formons le projet de profiter d'une belle journée hors de la maison. Casablanca. À 130 km de Port-Lyautey, elle est la grande ville industrielle du Maroc. Quatre sœurs, quatre jeunes filles ont décidé de prendre du bon temps. Maurice est un ami. Il veut accompagner ces demoiselles dans leur déplacement. La journée s'annonce magnifique. Je suis impatiente de prendre la route.
* Photo authentique de 3 sœurs Trojman, éditée dans le livre de Léonie.(il manque une sœur...)
Vous pouvez réagir ICI
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment :
- Cette robe est magnifique ! Me dit-il.
- Merci du compliment !
- J'aime votre coiffure !
Puis notre conversation prit une tournure très anodine :
- Cette robe est magnifique ! Me dit-il.
- Merci du compliment !
- J'aime votre coiffure !
Je change de sujet et fais diversion. Mes questions sont personnelles.
- Connaissez-vous Henri depuis longtemps ?
- Oui, je le connais depuis notre enfance !
- C'est un bon ami pour vous, n'est-ce pas ?
- Oui, un bon ami que je côtoie souvent.
- Je pense qu'il a un faible pour ma sœur !
- Vous en parle-t-il ?
- Oui ! C'est un gentil garçon, bien sous tous les rapports. Votre sœur sera heureuse avec lui.
Je danse, légère et voluptueuse. Dans ses bras, je suis une nymphe. Toute la soirée, je fus sa cavalière. Ma mère aimait la musique ; elle avait l'oreille musicale et jouait admirablement bien de la mandoline. Elle ne manquait jamais de nous accompagner à un bal. Elle ne dansait pas, mais venait avec nous pour le plaisir d'écouter l'orchestre. Le charme de la musique la mettait à l'aise. Elle aimait la danse et prenait plaisir à voir évoluer les couples. La soirée était déjà bien avancée, quand tout à coup, je vis ma mère avec un visage soucieux. Je sentais que quelque chose la tracassait. Toute la soirée, Michel n'avait dansé qu'avec moi. Est-elle inquiète parce qu'elle ne sait rien de lui ? Ou bien veut-elle en savoir davantage ? Henri, son ami, peut la renseigner. Ils sont amis depuis si longtemps ! Port-Lyautey est une petite ville où les habitants se connaissent bien. Mes parents ont bien connu les parents d'Henri. Ce n'est pas un inconnu pour elle. Mais Michel ! Qui est-il ? Elle interroge Henri, sur son ami.
- Michel, de quelle famille est-il ? Il n'a pas quitté ma fille de toute la soirée!
- Michel ? C'est un bon ami. Il vient d'une famille de colon, très riche. C'est un algérien musulman. Imaginez un peu le sursaut de ma mère. Sans être raciste, c'est une question d'éthique. Maman, prétextant la fatigue, me fait signe d'arrêter la danse. Il est tard et il faut partir. Pourquoi, cette subite décision ? J'étais à cent lieues de me douter les raisons de ce départ précipité. La soirée avait bien commencé, mais je restai sur ma faim pour la terminer en beauté. Si j'avais pensé avoir trouvé, ce soir, un amoureux, c'était raté. Je repris mes esprits en pensant qu'il valait mieux écouter la voix de la sagesse. À la maison, ma mère m'expliqua la raison de son ressentiment. La vision d'une mère vaut la peine qu'on s'y arrête. Je n'avais aucun regret en quittant la fête. Il était déjà près d'une heure du matin et la soirée était presque terminée. La situation du jeune homme était incompatible avec nos convictions religieuses. Il fallait couper court à l'envoûtement d'un charme impossible à contrôler. Je passai la nuit, non pas à pleurer mais à ressasser ces instants merveilleux où je ne pensai à rien, qu'au bonheur de la danse. J'ai assisté à de grands bals donnés en l'honneur d'associations très importantes. La soirée du Club nautique a été pour moi une belle aventure. Le plaisir de la danse, la robe du soir et l'ambiance extraordinaire de la fête m'ont donné la joie d'être une jeune fille comblée.
Le destin est fait de nombreux hasards. Un jour de printemps, avec mes soeurs, nous formions le projet de voyager. Sans trop s'éloigner de chez nous, on se préparait à faire un voyage à Casablanca. Un baptême de l'air imprévu. Une histoire incroyable...pour quatre jeunes filles qui ne connaissaient rien de la vie.
Un « Jet » à notre disposition :
Visiter le Maroc à l'époque du protectorat français était un beau voyage. Aujourd'hui, la publicité en fait un pays merveilleux, surtout le Sud marocain. Je n'ai jamais eu l'occasion de visiter le Sud. On le dit très pittoresque et les indigènes amicaux. Le nord du pays n'est peut-être pas aussi attrayant, mais il est aussi attachant. J'y ai mes attaches. Des souvenirs de ma jeunesse me reviennent en mémoire avec beaucoup d'émotion. On ne peut oublier la terre qui vous a vu naître, grandir et s'éveiller à la vie. L'hiver a terminé sa course pour laisser place au lumineux printemps d'Afrique du Nord. Le mois de mai, la campagne est en fleurs. La brise du matin ravive la verdure de l'herbe et le parfum des plantes. Quelle est jolie la campagne avec ses fleurs des champs ! L'air est si agréable à respirer ! Nous formons le projet de profiter d'une belle journée hors de la maison. Casablanca. À 130 km de Port-Lyautey, elle est la grande ville industrielle du Maroc. Quatre sœurs, quatre jeunes filles ont décidé de prendre du bon temps. Maurice est un ami. Il veut accompagner ces demoiselles dans leur déplacement. La journée s'annonce magnifique. Je suis impatiente de prendre la route.
* Photo authentique de 3 sœurs Trojman, éditée dans le livre de Léonie.(il manque une sœur...)
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