Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 4
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Deux dynasties arabes se disputent le pouvoir : les Alaouite et les Glaoui. Une guerre fratricide s'ensuivit jusqu'à l'arrivée des français en 1912.
Hitler n'a pas admis la défaite de l'Allemagne de la guerre 14-18. Il prend pour acquis qu'une revanche est obligatoire. Il s'ingénie à mettre en place une politique qui le mène à la tête de son pays. Napoléon rêvait d'une Union Européenne, à sa monnaie unique, à sa dynastie. Il n'avait pas tort. Le Führer se croyant plus fort, veut un monde aryen, tous allemands, grands, blonds aux yeux bleus dans tous l'univers. Cet homme, d'un esprit maladif, rêvait en couleur.
En 1938, commence la conquête de « l'espace vital » de la grande Allemagne. La 2è guerre mondiale débute par l'occupation de l'armée allemande dans les pays de l'est : la Russie, la Pologne, etc. Protectorat français, le Maroc était un pays en voie de développement. Les structures étant inexistantes, la France entrepris d'aménager ce dont le pays avait le plus besoin. Des casernes furent érigées pour loger les différents bataillons de l'armée française. Le recrutement de jeunes soldats venus de France, met l'armée dans l'embarras. La population militaire augmente rapidement au Maroc. L'armée a besoin d'espace pour loger ses troupes. À la recherche de locaux vacants, l'armée réquisitionne un immense entrepôt de céréales vide de toute occupation qui fut transformé en caserne. Le régiment d'Afrique « la coloniale » voit le jour. L'arrivée de ce régiment, dans le quartier industriel, fut un événement imprévu pour les citadins. La villa Allenda faisait bloc avec l'ensemble de l'entrepôt. Nous étions locataires de la maison et famille nombreuse... Cette situation est un dilemme pour l'armée. Nous étions des civils dans un emplacement militaire. Le colonel de la garnison, âgé d'une soixantaine d'années, rendit visite à mes parents pour une entente de bon voisinage :
- Je considère ces jeunes soldats comme mes enfants. Ils doivent vous respecter comme moi-même. Je vous demande de les empêcher de passer chez vous pour sortir de la caserne sans permission. Je serai intraitable, dit-il !
Comme on ne pouvait nous reloger ailleurs, l'armée nous réserva bon accueil. Il y avait un hic, un obstacle majeur à combler. L'aménagement d'un muret était nécessaire entre notre cour intérieure et celle de nos voisins militaires. Une palissade fut édifiée en roseau, une construction pour le moins archaïque. Je m'imaginai cette frêle structure traçant une limite entre nous ! Nos relations amicales avec les jeunes militaires passèrent au travers de cette édification de paille. Il nous était interdit d'approcher cette clôture sous peine de représailles. Mais la jeunesse reprenant ses droits, impossible de respecter la cloison. Une nouvelle séparation fut érigée au plus vite. Un matin...quelle surprise ! Un fou rire me prit en apercevant cette barrière. Fabriquée en lattes de bois léger, nous pouvions voir au travers des fissures. Un peu plus solide que la première, elle nous permettait, néanmoins d'entrevoir de l'autre côté de la clôture. La première cour n'avait pas de limitation, ce qui obligeait nos voisins à construire un petit muret. Dans cette cour, ma mère avait fabriqué un poulailler et un jardin. La deuxième cour avait le sol cimenté. Un petit muret de pierre avec trois escaliers nous permettait d'enjamber ce petit obstacle. Le mess des sous-officiers n'avait pas été conçu à l'origine comme dans toutes les casernes. Ils voulurent transformer les anciens bureaux existants de l'entrepôt en cafétéria. Mais la réalisation de ce projet se trouvait en difficulté. Pourquoi ? Parce qu'il leur manquait une cuisine pour satisfaire les désirs de ces messieurs. Notre buanderie, à proximité du mess, pouvait servir de cuisine. Il y avait juste à enjamber le petit muret pour être dans la salle. Pour les cuisiniers sénégalais rien de bien difficile. Les gradés décidèrent d'emprunter la buanderie. Sans se faire prier, maman leur concéda cette partie de la cour.
Des cuisiniers Sénégalais faisaient la popote. Le coin leur convenait bien, ils étaient à l'aise. Avec la guerre nous étions privés de certains produits; nous avions des tickets de rationnement. Avec eux, nous ne manquions de rien. Nos voisins militaires, avec gentillesse, nous passaient de temps en temps du café, du sucre, de la confiture et bien d'autres produits alimentaires, pour les enfants, disaient-ils. Les sous-officiers, une fois nantis de leur cuisine, mêlèrent l'utile à l'agréable. Un jour ils décidèrent d'inviter des dames à leur table et s'organisèrent en conséquence. Les invitations étaient lancées. C'était la guerre, mais il fallait aussi prendre le temps de vivre.
- Qui est cette jolie dame assise à côté du voisin ? Une connaissance du sergent-major ? Celui qui est assis à ses côtés, ne veut laisser sa place à personne étant sous le charme de la belle hôtesse. Mais voilà qu'on se targue de jouer aux devinettes ! Il faut déplacer le copain d'à côté qui tient 'mordicus' à garder sa place près de la dame. Que faut-il faire pour décoller celui-ci de son siège ? Après mûre réflexion, une blague, tout à fait anodine, va réussir ce tour de force. On frappe à la porte ; c'est un sous-officier. Il met maman au courant de la blague.
- J'ai besoin de votre fille pour cela ! Dit-il en me regardant.
- Ah ! Non! Pas moi. Je ne suis pas comédienne ! Dis-je, en souriant. Adressez-vous à quelqu'un d'autre. Ma sœur Odette se trouvait derrière ma mère. Elle se mit à rire et tout à coup se proposa de jouer le jeu.
- C'est très amusant ! Je peux me couvrir d'un drap blanc comme les marocaines ! Je suis capable d'intervenir en gardant mon sérieux ! Je suis prête à jouer le jeu, si vous le voulez bien ?
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Deux dynasties arabes se disputent le pouvoir : les Alaouite et les Glaoui. Une guerre fratricide s'ensuivit jusqu'à l'arrivée des français en 1912.
Hitler n'a pas admis la défaite de l'Allemagne de la guerre 14-18. Il prend pour acquis qu'une revanche est obligatoire. Il s'ingénie à mettre en place une politique qui le mène à la tête de son pays. Napoléon rêvait d'une Union Européenne, à sa monnaie unique, à sa dynastie. Il n'avait pas tort. Le Führer se croyant plus fort, veut un monde aryen, tous allemands, grands, blonds aux yeux bleus dans tous l'univers. Cet homme, d'un esprit maladif, rêvait en couleur.
En 1938, commence la conquête de « l'espace vital » de la grande Allemagne. La 2è guerre mondiale débute par l'occupation de l'armée allemande dans les pays de l'est : la Russie, la Pologne, etc. Protectorat français, le Maroc était un pays en voie de développement. Les structures étant inexistantes, la France entrepris d'aménager ce dont le pays avait le plus besoin. Des casernes furent érigées pour loger les différents bataillons de l'armée française. Le recrutement de jeunes soldats venus de France, met l'armée dans l'embarras. La population militaire augmente rapidement au Maroc. L'armée a besoin d'espace pour loger ses troupes. À la recherche de locaux vacants, l'armée réquisitionne un immense entrepôt de céréales vide de toute occupation qui fut transformé en caserne. Le régiment d'Afrique « la coloniale » voit le jour. L'arrivée de ce régiment, dans le quartier industriel, fut un événement imprévu pour les citadins. La villa Allenda faisait bloc avec l'ensemble de l'entrepôt. Nous étions locataires de la maison et famille nombreuse... Cette situation est un dilemme pour l'armée. Nous étions des civils dans un emplacement militaire. Le colonel de la garnison, âgé d'une soixantaine d'années, rendit visite à mes parents pour une entente de bon voisinage :
- Je considère ces jeunes soldats comme mes enfants. Ils doivent vous respecter comme moi-même. Je vous demande de les empêcher de passer chez vous pour sortir de la caserne sans permission. Je serai intraitable, dit-il !
Comme on ne pouvait nous reloger ailleurs, l'armée nous réserva bon accueil. Il y avait un hic, un obstacle majeur à combler. L'aménagement d'un muret était nécessaire entre notre cour intérieure et celle de nos voisins militaires. Une palissade fut édifiée en roseau, une construction pour le moins archaïque. Je m'imaginai cette frêle structure traçant une limite entre nous ! Nos relations amicales avec les jeunes militaires passèrent au travers de cette édification de paille. Il nous était interdit d'approcher cette clôture sous peine de représailles. Mais la jeunesse reprenant ses droits, impossible de respecter la cloison. Une nouvelle séparation fut érigée au plus vite. Un matin...quelle surprise ! Un fou rire me prit en apercevant cette barrière. Fabriquée en lattes de bois léger, nous pouvions voir au travers des fissures. Un peu plus solide que la première, elle nous permettait, néanmoins d'entrevoir de l'autre côté de la clôture. La première cour n'avait pas de limitation, ce qui obligeait nos voisins à construire un petit muret. Dans cette cour, ma mère avait fabriqué un poulailler et un jardin. La deuxième cour avait le sol cimenté. Un petit muret de pierre avec trois escaliers nous permettait d'enjamber ce petit obstacle. Le mess des sous-officiers n'avait pas été conçu à l'origine comme dans toutes les casernes. Ils voulurent transformer les anciens bureaux existants de l'entrepôt en cafétéria. Mais la réalisation de ce projet se trouvait en difficulté. Pourquoi ? Parce qu'il leur manquait une cuisine pour satisfaire les désirs de ces messieurs. Notre buanderie, à proximité du mess, pouvait servir de cuisine. Il y avait juste à enjamber le petit muret pour être dans la salle. Pour les cuisiniers sénégalais rien de bien difficile. Les gradés décidèrent d'emprunter la buanderie. Sans se faire prier, maman leur concéda cette partie de la cour.
Des cuisiniers Sénégalais faisaient la popote. Le coin leur convenait bien, ils étaient à l'aise. Avec la guerre nous étions privés de certains produits; nous avions des tickets de rationnement. Avec eux, nous ne manquions de rien. Nos voisins militaires, avec gentillesse, nous passaient de temps en temps du café, du sucre, de la confiture et bien d'autres produits alimentaires, pour les enfants, disaient-ils. Les sous-officiers, une fois nantis de leur cuisine, mêlèrent l'utile à l'agréable. Un jour ils décidèrent d'inviter des dames à leur table et s'organisèrent en conséquence. Les invitations étaient lancées. C'était la guerre, mais il fallait aussi prendre le temps de vivre.
- Qui est cette jolie dame assise à côté du voisin ? Une connaissance du sergent-major ? Celui qui est assis à ses côtés, ne veut laisser sa place à personne étant sous le charme de la belle hôtesse. Mais voilà qu'on se targue de jouer aux devinettes ! Il faut déplacer le copain d'à côté qui tient 'mordicus' à garder sa place près de la dame. Que faut-il faire pour décoller celui-ci de son siège ? Après mûre réflexion, une blague, tout à fait anodine, va réussir ce tour de force. On frappe à la porte ; c'est un sous-officier. Il met maman au courant de la blague.
- J'ai besoin de votre fille pour cela ! Dit-il en me regardant.
- Ah ! Non! Pas moi. Je ne suis pas comédienne ! Dis-je, en souriant. Adressez-vous à quelqu'un d'autre. Ma sœur Odette se trouvait derrière ma mère. Elle se mit à rire et tout à coup se proposa de jouer le jeu.
- C'est très amusant ! Je peux me couvrir d'un drap blanc comme les marocaines ! Je suis capable d'intervenir en gardant mon sérieux ! Je suis prête à jouer le jeu, si vous le voulez bien ?
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