Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 3
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Les rires et les chants étaient de la partie. Quand l'heure du couvre-feu arrivait, tout le monde rentrait au camp. J'acceptai d'être marraine de guerre, de Jean et de Bernard, à leur demande.
Un jour, « une forte tête » voulut emprunter le petit muret de notre cour. Sans permission de sortie, ce militaire se croyait capable d'enfreindre les ordres de l'armée. Ma mère voyant son geste, lui intime l'ordre de rester à sa place. Quelques secondes de réflexion, il cherche un compromis. Curieuse, je le regarde. Il me dit :
-Je veux discuter avec vous !
Il fait mine d'enjamber le parapet.
-Non, restez à votre place, lui dit ma mère d'un ton péremptoire. Elle doit rentrer à la maison.
Ce jeune homme avait plusieurs tatouages et une allure peu engageante. Toujours en prison. personne ne le fréquentait. Ma mère, avec doigté. réussit à lui faire entendre raison. Elle se rappelait les paroles du colonel et ne voulait pas passer outre aux règlements de l'armée pour qui que ce soit. Elle le pria fermement de rester à sa place, ce qu'il fit sans rechigner. La journée avait bien commencée : la fraicheur du matin nous enrobait d'une brise légère. agréable à respirer. L'après-midi, changement de température. La chaleur devenant suffocante, je sors à la recherche d'un coin frais. Assise sur les escaliers, à l'ombre d'un gros hêtre, je profitais de sa fraîcheur pour respirer le bon air. J'étais là, dans mes pensées, quand je fis la connaissance de Roger B. Sortant de la caserne, il se présenta à moi tout simplement. Il m'aborda, un sourire aux lèvres.
-Bonjour mademoiselle. Je vous dérange ?
Je le voyais souvent, seul, sortir de la caserne. À mon avis, ce jeune homme se tenait à l'écart des
autres pour des raisons d'éthique, peut-être ! Était-il timide ? Fier ? Orgueilleux ? Il m'intriguait.
-Non ! Du tout ! Il fait beau mais trop chaud ! Je suis bien, sous cet arbre, je profite de sa fraicheur.
Son regard persistant me scrute sans réserve, si bien que je sens mon visage rougir d'émoi. Je m'enhardis et le dévisage à mon tour. Son teint blond et ses yeux bleus donnent à son visage une expression joyeuse. Son attention me fascine sans que je sache pourquoi. Ses allures de grand seigneur, sans snobisme pourtant, me laisse perplexe. Espiègle, je le taquine un peu :
-Êtes-vous toujours seul ? Pas de copains ? Vos camarades sont sympathiques pourtant.
Je réfléchissais sans me rendre compte que son regard me scrutait. Aussitôt, changeant de conversation, il se mit à discuter de tout autre chose. La musique le passionnait mais ce n'était pas son violon d'Ingres. Il avait entendu ma mère jouait de la mandoline et il en était resté sous le charme. Tout en conversant, je découvre un peu sa vie. Il adore monter à cheval, donc l'équitation. Je constate, à la lumière de ses dires, que ses parents, n'étant ni fermiers ni palefreniers, sont des gens de la haute société. Je veux savoir. Qui est-il ? -Cherches toujours, me dis-je, tu n'en sauras pas davantage ! La curiosité est un vilain défaut ! Mais son attitude vis-à-vis des autres, m'intrigue. Il vient de France, du moins je le pense. Pourquoi ce mystère ? Il appartient à un bataillon français. Où donc était la difficulté ? Mais mon petit doigt me dit qu'il a ses raisons pour agir ainsi. Après tout, s'il ne veut pas en parler, c'est son droit !
Ma mère avait l'oreille musicale et la mandoline était son hobby. Piano, violon et mandoline nous faisaient danser lors d'un petit concert à la maison avec nos amis musiciens.
-Ma mère aime énormément la musique. Elle joue pour son plaisir. Dis-je fièrement.
-Et vous! Jouez-vous d'un instrument ? Me demanda-t-il gentiment.
-Maman voulait que j'apprenne le piano. Deux ans suffirent à me rendre compte que je n'étais pas faite pour ça.
Nous étions dehors, sur le palier à discuter de façon anodine. En bonne maîtresse de maison, je le fis entrer. Il salua maman qui le considéra avec bienveillance. Elle l'invita à prendre un siège. D'un naturel courtois, il remercia son hôtesse gentiment. Dans le salon, la radio émet des chansons en vogue. Puis une interruption radiophonique annonce un message codé venant de Londres. Les nouvelles de la guerre nous parviennent, comme toujours, à travers la presse et la radio. Tout à coup, Roger tend une oreille attentive. Les forces de libération se battent avec acharnement. Les alliés ont débarqué en Normandie. L'armée allemande perd du terrain. C'est la débâcle pour l'ennemi. Les conversations vont bon train, car il n'est pas le seul invité chez nous. Le couvre-feu sonne. Il est 9 h. C'est l'heure de se quitter. Ces jeunes soldats sont impatients de faire leur devoir. Le lendemain et les jours suivants, les échos de la guerre parviennent en messages codés de Londres. Les alliés progressent dans la lutte contre l'ennemi. Le bataillon « la Coloniale » est toujours en position de départ mais attend un ordre qui ne vient pas vite.
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Les rires et les chants étaient de la partie. Quand l'heure du couvre-feu arrivait, tout le monde rentrait au camp. J'acceptai d'être marraine de guerre, de Jean et de Bernard, à leur demande.
Un jour, « une forte tête » voulut emprunter le petit muret de notre cour. Sans permission de sortie, ce militaire se croyait capable d'enfreindre les ordres de l'armée. Ma mère voyant son geste, lui intime l'ordre de rester à sa place. Quelques secondes de réflexion, il cherche un compromis. Curieuse, je le regarde. Il me dit :
-Je veux discuter avec vous !
Il fait mine d'enjamber le parapet.
-Non, restez à votre place, lui dit ma mère d'un ton péremptoire. Elle doit rentrer à la maison.
Ce jeune homme avait plusieurs tatouages et une allure peu engageante. Toujours en prison. personne ne le fréquentait. Ma mère, avec doigté. réussit à lui faire entendre raison. Elle se rappelait les paroles du colonel et ne voulait pas passer outre aux règlements de l'armée pour qui que ce soit. Elle le pria fermement de rester à sa place, ce qu'il fit sans rechigner. La journée avait bien commencée : la fraicheur du matin nous enrobait d'une brise légère. agréable à respirer. L'après-midi, changement de température. La chaleur devenant suffocante, je sors à la recherche d'un coin frais. Assise sur les escaliers, à l'ombre d'un gros hêtre, je profitais de sa fraîcheur pour respirer le bon air. J'étais là, dans mes pensées, quand je fis la connaissance de Roger B. Sortant de la caserne, il se présenta à moi tout simplement. Il m'aborda, un sourire aux lèvres.
-Bonjour mademoiselle. Je vous dérange ?
Je le voyais souvent, seul, sortir de la caserne. À mon avis, ce jeune homme se tenait à l'écart des
autres pour des raisons d'éthique, peut-être ! Était-il timide ? Fier ? Orgueilleux ? Il m'intriguait.
-Non ! Du tout ! Il fait beau mais trop chaud ! Je suis bien, sous cet arbre, je profite de sa fraicheur.
Son regard persistant me scrute sans réserve, si bien que je sens mon visage rougir d'émoi. Je m'enhardis et le dévisage à mon tour. Son teint blond et ses yeux bleus donnent à son visage une expression joyeuse. Son attention me fascine sans que je sache pourquoi. Ses allures de grand seigneur, sans snobisme pourtant, me laisse perplexe. Espiègle, je le taquine un peu :
-Êtes-vous toujours seul ? Pas de copains ? Vos camarades sont sympathiques pourtant.
Je réfléchissais sans me rendre compte que son regard me scrutait. Aussitôt, changeant de conversation, il se mit à discuter de tout autre chose. La musique le passionnait mais ce n'était pas son violon d'Ingres. Il avait entendu ma mère jouait de la mandoline et il en était resté sous le charme. Tout en conversant, je découvre un peu sa vie. Il adore monter à cheval, donc l'équitation. Je constate, à la lumière de ses dires, que ses parents, n'étant ni fermiers ni palefreniers, sont des gens de la haute société. Je veux savoir. Qui est-il ? -Cherches toujours, me dis-je, tu n'en sauras pas davantage ! La curiosité est un vilain défaut ! Mais son attitude vis-à-vis des autres, m'intrigue. Il vient de France, du moins je le pense. Pourquoi ce mystère ? Il appartient à un bataillon français. Où donc était la difficulté ? Mais mon petit doigt me dit qu'il a ses raisons pour agir ainsi. Après tout, s'il ne veut pas en parler, c'est son droit !
Ma mère avait l'oreille musicale et la mandoline était son hobby. Piano, violon et mandoline nous faisaient danser lors d'un petit concert à la maison avec nos amis musiciens.
-Ma mère aime énormément la musique. Elle joue pour son plaisir. Dis-je fièrement.
-Et vous! Jouez-vous d'un instrument ? Me demanda-t-il gentiment.
-Maman voulait que j'apprenne le piano. Deux ans suffirent à me rendre compte que je n'étais pas faite pour ça.
Nous étions dehors, sur le palier à discuter de façon anodine. En bonne maîtresse de maison, je le fis entrer. Il salua maman qui le considéra avec bienveillance. Elle l'invita à prendre un siège. D'un naturel courtois, il remercia son hôtesse gentiment. Dans le salon, la radio émet des chansons en vogue. Puis une interruption radiophonique annonce un message codé venant de Londres. Les nouvelles de la guerre nous parviennent, comme toujours, à travers la presse et la radio. Tout à coup, Roger tend une oreille attentive. Les forces de libération se battent avec acharnement. Les alliés ont débarqué en Normandie. L'armée allemande perd du terrain. C'est la débâcle pour l'ennemi. Les conversations vont bon train, car il n'est pas le seul invité chez nous. Le couvre-feu sonne. Il est 9 h. C'est l'heure de se quitter. Ces jeunes soldats sont impatients de faire leur devoir. Le lendemain et les jours suivants, les échos de la guerre parviennent en messages codés de Londres. Les alliés progressent dans la lutte contre l'ennemi. Le bataillon « la Coloniale » est toujours en position de départ mais attend un ordre qui ne vient pas vite.
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