Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 2
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Ne pas abandonner l'ambulance, ni le malade. Par malheur, mes chaussures à talon m'empêchent de courir. Sur la route, ma peur s'estompe d'un coup.
J'arrivai sans encombre au camp du 32 ème. Train, à minuit. Toute tremblante, je réveillai l'adjudant. Je lui expliquai la panne : le manque d'essence. Son attitude mi-figue mi-raisin me surprit. J'avais le sentiment qu'il savait à quoi s'en tenir. Bien sûr qu'il comprenait. Le réservoir d'essence ne pouvait contenir qu'un maximum d'un plein, pour un aller mais pas pour le retour. Le campement d'Arbaoua, si éloigné, avait besoin de deux pleins d'essence. Mais personne n'avait jugé bon de nous renseigner. L'adjudant ne fut pas long à lui envoyer du secours. Notre compétence pour sortir de cette impasse était la coopération entre nous et une décision rapide capable d'enrayer la peur qui nous prenait à la gorge. En 1944, l'armée m'octroya une permission de 15 jours. En voyage à Oran (Algérie), je rendis visite à mon oncle, le frère ainé de ma mère. Il me fit visiter la ville que je ne connaissais pas. Une belle rencontre se présenta à nous. Le frère de mon grand-père, trépané 14 fois de la guerre 14-18, était devant moi. Cette rencontre avec l'oncle de ma mère me mit du baume au cœur. Maman n'avait jamais parlé du grand-oncle, ni de son existence. Sa présence me rappela mon grand-père disparu quand j'avais six ans. Je quittai mon oncle pour me rendre à Alger où la famille de Gabriel résidait. (Gabriel est un jeune militaire venu grossir les rangs de l'armée, au Maroc). Cet ami me donna l'adresse de ses sœurs, à Alger. Durant mon voyage, je fis leur connaissance et leur transmettais des nouvelles fraîches de leur frère. À Tlemcen, un autre ami me donna l'adresse de ses parents. Je fus reçu gentiment.
Après ma permission de 15 jours, je repris le chemin de la caserne jusqu'au mois de juin 1945. Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitula sans condition. En juin 1945, je passai devant le Conseil de réforme de l'armée. J'étais myope, mais pas aveugle. Les trois juges (trois colonels) me proposèrent de corriger ma vue et de continuer à servir dans l'armée. Je déclinai leur proposition pensant avoir fait mon devoir envers ma patrie. La guerre finie, la vie civile m'attendait. Je fus reclassée RD2 sur mon livret militaire ; ce qui veut dire sans pension ; matricule 106, c'est moi. Je quittai l'armée toute heureuse de pouvoir jouir de ma liberté; j'avais 20 ans. La guerre terminée, elle laissa derrière elle que désolation dans les pays occupés. Le temps était à la reconstruction d'une Europe unie et bien structurée.
Le rêve de fraternité sur les décombres de la guerre :
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il restait encore beaucoup à faire pour relever le défi de l'indépendance alimentaire. La population française était encore avec des tickets de rationnement. La création d'une Europe unie en 1945 resta en suspens durant 7 années après la fin de la guerre. Le traité de Maastrich, le 7 février 1992, par les États membres de la Communauté Économique Européenne, en vigueur le 1er septembre 1993 est l'acte de naissance de l'Union Européenne. Les pères fondateurs rêvent d'abolir les frontières pour bannir définitivement tout risque de conflit. Une erreur monumentale.
L'Europe ne se fera pas d'un seul coup mais par des réalisations concrètes créant ainsi une solidarité de fait. La réalisation d'une monnaie unique, l'euro, permet à la CEE une communication plus adéquate entre les nations membres. Aujourd'hui, depuis le ler janvier 2007, l'Europe passe à 27 pays membres. La création d'une nouvelle guerre a disparue pour faire place à une paix durable.
À la conquête de la France :
En 1946, je fis la conquête de la France. J'arrivai à Marseille par bateau, après une traversée très calme. À la gare St-Charles le train m'attendait pour Arles, Grenoble, Essert, Troie et Paris. Des amis rencontrés au Maroc m'invitèrent à leur rendre visite, en France. À Troie et à Essert, je rencontrai les familles de Bernard et de Jean, mes filleuls de guerre, mort au champ d'honneur. Je restai quelques temps avec eux. J'avais connu leurs fils et je rapportai en moi le parfum de leurs enfants. À Paris, en visite chez ma tante, belle-sœur de ma mère, me reçut très gentiment. Elle avait un visage malheureux et triste, malgré le temps, si lointain où la milice allemande était venue l'arrêter, chez lui à Paris, en 1944. Il fut transféré à la prison de Caen, fusillé et enterré à Thiers. Depuis cette période néfaste, la vie n'avait plus d'importance pour elle. Mère de cinq enfants, elle les avait placés à la campagne au moment de cette affreuse guerre. Après une semaine à Paris, je retournai à Essert, où m'attendaient les parents de mon filleul de guerre Jean. Le père et la mère étaient de fervents chrétiens. L'église était située juste derrière leur maison. Ils se rendaient quatre fois par jour à la messe. Je les accompagnais par respect pour leur coutume. Un jour, la mère me dit que l'abbé Martin me considérait comme une bonne chrétienne. Sans sourcilier, je lui dis : Qu'avez-vous répondu ? Évasivement, elle l'a laissé croire. Je repartais le lendemain pour rentrer chez moi. Je ne fis aucun commentaire. Je repris le bateau au port de Marseille pour Oran. Au départ, le navire se mit à tanguer si fort, que le mal de mer me prit aussitôt et ce, jusqu'à l'arrivée, en Algérie. Durant deux heures sur la terre ferme, j'avais encore les nausées du mal de mer. Ce voyage, je m'en souviens.
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : Ne pas abandonner l'ambulance, ni le malade. Par malheur, mes chaussures à talon m'empêchent de courir. Sur la route, ma peur s'estompe d'un coup.
J'arrivai sans encombre au camp du 32 ème. Train, à minuit. Toute tremblante, je réveillai l'adjudant. Je lui expliquai la panne : le manque d'essence. Son attitude mi-figue mi-raisin me surprit. J'avais le sentiment qu'il savait à quoi s'en tenir. Bien sûr qu'il comprenait. Le réservoir d'essence ne pouvait contenir qu'un maximum d'un plein, pour un aller mais pas pour le retour. Le campement d'Arbaoua, si éloigné, avait besoin de deux pleins d'essence. Mais personne n'avait jugé bon de nous renseigner. L'adjudant ne fut pas long à lui envoyer du secours. Notre compétence pour sortir de cette impasse était la coopération entre nous et une décision rapide capable d'enrayer la peur qui nous prenait à la gorge. En 1944, l'armée m'octroya une permission de 15 jours. En voyage à Oran (Algérie), je rendis visite à mon oncle, le frère ainé de ma mère. Il me fit visiter la ville que je ne connaissais pas. Une belle rencontre se présenta à nous. Le frère de mon grand-père, trépané 14 fois de la guerre 14-18, était devant moi. Cette rencontre avec l'oncle de ma mère me mit du baume au cœur. Maman n'avait jamais parlé du grand-oncle, ni de son existence. Sa présence me rappela mon grand-père disparu quand j'avais six ans. Je quittai mon oncle pour me rendre à Alger où la famille de Gabriel résidait. (Gabriel est un jeune militaire venu grossir les rangs de l'armée, au Maroc). Cet ami me donna l'adresse de ses sœurs, à Alger. Durant mon voyage, je fis leur connaissance et leur transmettais des nouvelles fraîches de leur frère. À Tlemcen, un autre ami me donna l'adresse de ses parents. Je fus reçu gentiment.
Après ma permission de 15 jours, je repris le chemin de la caserne jusqu'au mois de juin 1945. Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitula sans condition. En juin 1945, je passai devant le Conseil de réforme de l'armée. J'étais myope, mais pas aveugle. Les trois juges (trois colonels) me proposèrent de corriger ma vue et de continuer à servir dans l'armée. Je déclinai leur proposition pensant avoir fait mon devoir envers ma patrie. La guerre finie, la vie civile m'attendait. Je fus reclassée RD2 sur mon livret militaire ; ce qui veut dire sans pension ; matricule 106, c'est moi. Je quittai l'armée toute heureuse de pouvoir jouir de ma liberté; j'avais 20 ans. La guerre terminée, elle laissa derrière elle que désolation dans les pays occupés. Le temps était à la reconstruction d'une Europe unie et bien structurée.
Le rêve de fraternité sur les décombres de la guerre :
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il restait encore beaucoup à faire pour relever le défi de l'indépendance alimentaire. La population française était encore avec des tickets de rationnement. La création d'une Europe unie en 1945 resta en suspens durant 7 années après la fin de la guerre. Le traité de Maastrich, le 7 février 1992, par les États membres de la Communauté Économique Européenne, en vigueur le 1er septembre 1993 est l'acte de naissance de l'Union Européenne. Les pères fondateurs rêvent d'abolir les frontières pour bannir définitivement tout risque de conflit. Une erreur monumentale.
L'Europe ne se fera pas d'un seul coup mais par des réalisations concrètes créant ainsi une solidarité de fait. La réalisation d'une monnaie unique, l'euro, permet à la CEE une communication plus adéquate entre les nations membres. Aujourd'hui, depuis le ler janvier 2007, l'Europe passe à 27 pays membres. La création d'une nouvelle guerre a disparue pour faire place à une paix durable.
À la conquête de la France :
En 1946, je fis la conquête de la France. J'arrivai à Marseille par bateau, après une traversée très calme. À la gare St-Charles le train m'attendait pour Arles, Grenoble, Essert, Troie et Paris. Des amis rencontrés au Maroc m'invitèrent à leur rendre visite, en France. À Troie et à Essert, je rencontrai les familles de Bernard et de Jean, mes filleuls de guerre, mort au champ d'honneur. Je restai quelques temps avec eux. J'avais connu leurs fils et je rapportai en moi le parfum de leurs enfants. À Paris, en visite chez ma tante, belle-sœur de ma mère, me reçut très gentiment. Elle avait un visage malheureux et triste, malgré le temps, si lointain où la milice allemande était venue l'arrêter, chez lui à Paris, en 1944. Il fut transféré à la prison de Caen, fusillé et enterré à Thiers. Depuis cette période néfaste, la vie n'avait plus d'importance pour elle. Mère de cinq enfants, elle les avait placés à la campagne au moment de cette affreuse guerre. Après une semaine à Paris, je retournai à Essert, où m'attendaient les parents de mon filleul de guerre Jean. Le père et la mère étaient de fervents chrétiens. L'église était située juste derrière leur maison. Ils se rendaient quatre fois par jour à la messe. Je les accompagnais par respect pour leur coutume. Un jour, la mère me dit que l'abbé Martin me considérait comme une bonne chrétienne. Sans sourcilier, je lui dis : Qu'avez-vous répondu ? Évasivement, elle l'a laissé croire. Je repartais le lendemain pour rentrer chez moi. Je ne fis aucun commentaire. Je repris le bateau au port de Marseille pour Oran. Au départ, le navire se mit à tanguer si fort, que le mal de mer me prit aussitôt et ce, jusqu'à l'arrivée, en Algérie. Durant deux heures sur la terre ferme, j'avais encore les nausées du mal de mer. Ce voyage, je m'en souviens.
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