Inconnu
Proverbe chinois.
Alexandre DUMAS
J. L. FOURNIER (Mon dernier cheveu noir)
Xavier de Maistre
Laure CONAN
?
Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.
(Anonyme)Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.
Charles Baudelaire
Pierre DAC
Emily DICKINSON
Albert MEMMI
"Une Question est stupide tant qu'elle n'est pas posée"
Proverbe chinois...EDITORIAL 2
"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : - C'est très amusant ! Je peux me couvrir d'un drap blanc comme les marocaines ! Je suis capable d'intervenir en gardant mon sérieux ! Je suis prête à jouer le jeu, si vous le voulez bien ?
Le fait est qu'elle en était capable ! L'adjudant lui explique ce qu'il attend d'elle. Elle doit demander à la sentinelle de l'introduire auprès du sergent-major. Affublée de son drap blanc, bien enroulée de la tête au pied, elle demande au Sénégalais de faction de l'accompagner jusqu'à la porte de la salle à manger. Elle veut voir le sergent-major.
Arrivée à la porte du mess, tous les regards convergent vers la femme voilée. Elle cherche quelqu'un. Mais qui ? Elle montre du doigt un homme assis près de la dame. Il se lève mal à l'aise se demandant quelle est cette blague. Il cherche un compromis pour la mettre dehors. Ma sœur est têtue et ne se laisse pas intimider. Au bout d'un moment, le drap se détache et tombe à ses pieds. Pendant ce temps, la place est prise. Les rires fusent à gorge déployée en reconnaissant ma sœur et sa ruse. Le plus hilarant fut le comportement du Sénégalais. Ne voyant pas sortir la femme voilée, il se met à sa recherche. Il est désorienté par l'absence de la femme. L'adjudant n'est guère coopératif. Le factionnaire ne comprend pas la blague.
-Cette personne est rentrée et doit quitter les lieux sous escorte ! Dit le sénégalais.
Il trouvait la plaisanterie de mauvais goût. Les militaires sénégalais sont contraints de suivre les règlements de l'armée et de s'y conformer sous peine de sanction. La femme voilée est introuvable. Le pauvre Sénégalais ne sait plus à quel saint se vouer. On lui présente ma sœur, mais il ne comprend rien. La femme voilée, ce n'est pas celle-là. L'intruse doit quitter le mess sous bonne garde. C'est peut-être une espionne ? Qui sait ? L'entêtement de ce Sénégalais ravive les rires.
Le garde refuse de quitter les lieux sans la femme voilée. Après plusieurs tentatives l'adjudant lui donne l'ordre de reprendre sa faction. Après cette explication les Sénégalais n'ont pas fini de nous étonner. Devant la caserne pas de guérite. La faction se fait tout autour de l'extérieur du camp. La sentinelle, un Sénégalais fait la garde même devant chez nous. Il prend les consignes au sérieux. Personne ne doit entrer ni sortir sans permission autour du périmètre de la garnison. Mon père est toujours en difficulté pour entrer chez lui. À chaque fois, le soldat de faction lui barre le passage.
-J'habite ici, je veux rentrer chez moi !
-Pas question ! Personne ne passe sans permission.
-Maison à moi, ici j'habite ! Lui dit mon père.
Le Sénégalais le met en joue. Il faut présenter une permission de l'adjudant de service pour entrer chez nous, surtout quand on a un habit qui ressemble à celui de l'armée. De guerre lasse, mon père se rend auprès de l'officier commandant la section. En lui exposant l'entêtement de la sentinelle, le sous-officier, un sourire aux lèvres ordonne au factionnaire de le laisser entrer chez lui.
- Bougre d'imbécile, ce monsieur habite là ! Tu comprends ?
Il faut dire que mon père avait une tenue réglementaire de la banque d'État du Maroc. Les Sénégalais ne comprenaient pas pourquoi mon père était différent des autres. Un jour ma mère reçut la visite du colonel. Il lui dit en ces termes :
- Demain nous allons avoir la visite d'un général. Auriez-vous la bonté de mettre à notre disposition votre salle à manger ?
Ce visiteur de marque était entré incognito pour en ressortir de même. Le colonel remercia ma mère pour sa bonté et sa coopération. Après la visite du colonel, on voyait les jeunes recrues, la plupart du temps, avant le couvre-feu, s'évader de la caserne comme une envolée de moineaux. Je fis la connaissance de deux jeunes qui venaient passer la soirée chez nous, à écouter la radio, la BBC de Londres diffusant des informations sur la guerre, en attendant d'être confrontés eux-mêmes sur le théâtre des opérations en Europe. Ces jeunes soldats avaient hâte de prendre les armes contre l'occupant ennemi de la France. Leur participation au combat avait, à leurs yeux, une valeur intrinsèque. Le pays avait besoin d'eux, pour libérer la patrie au plus vite du joug des nazis. En attendant l'heure du départ, l'espoir renaissait ; bientôt ils rejoindraient leur unité de choc. Avec le temps nos voisins commençaient à nous connaître. On se saluait, on discutait devant la porte. Nos voisines, dont quatre jeunes filles, habitant près de chez nous, venaient se mêler à notre groupe. Les rires et les chants étaient de la partie. Quand l'heure du couvre-feu arrivait, tout le monde rentrait au camp. J'acceptai d'être marraine de guerre, de Jean et de Bernard, à leur demande.
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"Le Maroc de ma jeunesse" L. Trojman.

Précédemment : - C'est très amusant ! Je peux me couvrir d'un drap blanc comme les marocaines ! Je suis capable d'intervenir en gardant mon sérieux ! Je suis prête à jouer le jeu, si vous le voulez bien ?
Le fait est qu'elle en était capable ! L'adjudant lui explique ce qu'il attend d'elle. Elle doit demander à la sentinelle de l'introduire auprès du sergent-major. Affublée de son drap blanc, bien enroulée de la tête au pied, elle demande au Sénégalais de faction de l'accompagner jusqu'à la porte de la salle à manger. Elle veut voir le sergent-major.
Arrivée à la porte du mess, tous les regards convergent vers la femme voilée. Elle cherche quelqu'un. Mais qui ? Elle montre du doigt un homme assis près de la dame. Il se lève mal à l'aise se demandant quelle est cette blague. Il cherche un compromis pour la mettre dehors. Ma sœur est têtue et ne se laisse pas intimider. Au bout d'un moment, le drap se détache et tombe à ses pieds. Pendant ce temps, la place est prise. Les rires fusent à gorge déployée en reconnaissant ma sœur et sa ruse. Le plus hilarant fut le comportement du Sénégalais. Ne voyant pas sortir la femme voilée, il se met à sa recherche. Il est désorienté par l'absence de la femme. L'adjudant n'est guère coopératif. Le factionnaire ne comprend pas la blague.
-Cette personne est rentrée et doit quitter les lieux sous escorte ! Dit le sénégalais.
Il trouvait la plaisanterie de mauvais goût. Les militaires sénégalais sont contraints de suivre les règlements de l'armée et de s'y conformer sous peine de sanction. La femme voilée est introuvable. Le pauvre Sénégalais ne sait plus à quel saint se vouer. On lui présente ma sœur, mais il ne comprend rien. La femme voilée, ce n'est pas celle-là. L'intruse doit quitter le mess sous bonne garde. C'est peut-être une espionne ? Qui sait ? L'entêtement de ce Sénégalais ravive les rires.
Le garde refuse de quitter les lieux sans la femme voilée. Après plusieurs tentatives l'adjudant lui donne l'ordre de reprendre sa faction. Après cette explication les Sénégalais n'ont pas fini de nous étonner. Devant la caserne pas de guérite. La faction se fait tout autour de l'extérieur du camp. La sentinelle, un Sénégalais fait la garde même devant chez nous. Il prend les consignes au sérieux. Personne ne doit entrer ni sortir sans permission autour du périmètre de la garnison. Mon père est toujours en difficulté pour entrer chez lui. À chaque fois, le soldat de faction lui barre le passage.
-J'habite ici, je veux rentrer chez moi !
-Pas question ! Personne ne passe sans permission.
-Maison à moi, ici j'habite ! Lui dit mon père.
Le Sénégalais le met en joue. Il faut présenter une permission de l'adjudant de service pour entrer chez nous, surtout quand on a un habit qui ressemble à celui de l'armée. De guerre lasse, mon père se rend auprès de l'officier commandant la section. En lui exposant l'entêtement de la sentinelle, le sous-officier, un sourire aux lèvres ordonne au factionnaire de le laisser entrer chez lui.
- Bougre d'imbécile, ce monsieur habite là ! Tu comprends ?
Il faut dire que mon père avait une tenue réglementaire de la banque d'État du Maroc. Les Sénégalais ne comprenaient pas pourquoi mon père était différent des autres. Un jour ma mère reçut la visite du colonel. Il lui dit en ces termes :
- Demain nous allons avoir la visite d'un général. Auriez-vous la bonté de mettre à notre disposition votre salle à manger ?
Ce visiteur de marque était entré incognito pour en ressortir de même. Le colonel remercia ma mère pour sa bonté et sa coopération. Après la visite du colonel, on voyait les jeunes recrues, la plupart du temps, avant le couvre-feu, s'évader de la caserne comme une envolée de moineaux. Je fis la connaissance de deux jeunes qui venaient passer la soirée chez nous, à écouter la radio, la BBC de Londres diffusant des informations sur la guerre, en attendant d'être confrontés eux-mêmes sur le théâtre des opérations en Europe. Ces jeunes soldats avaient hâte de prendre les armes contre l'occupant ennemi de la France. Leur participation au combat avait, à leurs yeux, une valeur intrinsèque. Le pays avait besoin d'eux, pour libérer la patrie au plus vite du joug des nazis. En attendant l'heure du départ, l'espoir renaissait ; bientôt ils rejoindraient leur unité de choc. Avec le temps nos voisins commençaient à nous connaître. On se saluait, on discutait devant la porte. Nos voisines, dont quatre jeunes filles, habitant près de chez nous, venaient se mêler à notre groupe. Les rires et les chants étaient de la partie. Quand l'heure du couvre-feu arrivait, tout le monde rentrait au camp. J'acceptai d'être marraine de guerre, de Jean et de Bernard, à leur demande.
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