Entre Nous
Mégy
Je suis effectivement allé chez Mégy, il était comme souvent adossé à l'entrée de sa pharmacie; j'en ai profité pour dire bonjour à mon frère Alain Mirouze qui y était en stage de 1ére année. D'ailleurs les Mégy habitent une de ces villas anciennes, les "kénitréennes", un peu plus haut dans la rue de la Mamora.
A coté de la pharmacie, l'agence de voyage Mortier affiche une réclame pour un voyage à ...New York. J'aimerai bien !
Le gardien du garage Dardonville me fait un bonjour : il passe sa vie sur son tabouret.
C'est là que je gare la voiture le soir.
Après, j'ai décidé d'aller au marché en passant devant le syndicat d'initiative récemment inauguré. J'ai jeté un oeil en face au Palace mais le film annoncé ne me disait rien (les meilleurs films passent au Tanagra, à coté de chez Madame Deville propriétaire du Daïet El Boghari, juste à la sortie de la ville vers Rabat où on voit une distillerie imposante, juste après les Mimosas). Vous connaissez sûrement ses neveux Charles et Jean Marie Baillot, non ?
Il faut que j'aille voir Madame Deville : ça fait un mois que je ne l'ai pas vue. Elle a perdu son mari il y a peu et c'est toujours intéressant de parler avec elle : elle est intarissable sur Port-Lyautey. Son mari et Monsieur Tort ont été des fondateurs de la ville; Ils étaient venus, alors qu'ils étaient armateurs et négociants en vin en Algérie, voir un de leurs bateaux qui s'était échoué dans les passes du Sebou, en face de la conserverie. Ils y sont restés.
Je suis passé devant l'immense Lux bar, suis entré à la Civette acheter des Casa Sports et la Vigie Marocaine (quand je n'ai pas besoin de cigarettes, j'achète plutôt le journal au kiosque devant le Palace).
Au coin j'ai regardé les chaussures au Derby.
Je suis allé chez Miraval, en face de la Poste, entre la station Ozo et la quincaillerie Trollet.
J'ai aperçu le grand Néné qui fait son tour.
J'ai continué rue Albert 1er : la librairie Viaud, dans l'immeuble de la banque Algérienne, était fermée, dommage.
En face, les tissus Ariaga, le bazar Chez Samoun, l'horlogerie et coiffure femme "chez Braud" en face d'Optica et de l'agence de voyage Hofman dans l'immeuble de mon dentiste, Monsieur Graves (que je préfère à Monsieur Trouban et surtout à Monsieur Bord installé dans l'immeuble Tort).
La Ford blanche de Maître Briandet est garée devant.
Au coin de la rue Georges V, aux assurances La paternelle de Monsieur Pénès, dans l'immeuble Tort (le père Tort a le Daïet el Arga juste avant Bir Ami, maintenant ce sont ses enfants qui l'exploitent: Henri Tort et Denise Tort-Lemasson).
J'ai fait un crochet pour aller voir les sacs à main chez la femme du prof de gym du lycée Abdelmalek As Saadi juste à coté de la p'tite picerie en dessous du consulat d'Espagne au 1er étage.
La station des grands taxis était presque vide (il y avait quand même une De Soto, une Buick et une Chevrolet Impala...
A propos de voiture, j'aperçois la Lincoln d'Henri Tort qui va sans doute au marché lui aussi.
Je n'ai pas eu envie d'aller voir les affiches du Fantasio, le 3ème cinéma dont la programmation depuis longtemps laissait à désirer. J'ai préféré regarder de loin, par delà le jardin et les cygnes les services Municipaux et un peu à droite, l'hôtel Mamora, le clocher du Christ Roi et la "goutte de lait" juste devant.
Je suis passé devant l'immeuble Lejeune et Chapus, récemment construit ; Vita débordait de fleurs. En face, un "tout à 100 francs" rempli de pacotille. A coté, le "gagne petit" chez Tobelem ,tailleur.
Plus loin, je m'arrête pour acheter du café moulu à la brûlerie Dubois (qu'est ce que ca sent bon dans ce magasin !) à coté de la droguerie chez Challéon et du pain chez Bellet (Madame Bellet avait défrayé la chronique locale avec sa Pontiac décapotable blanche).Je commanderai aussi une Pastilla, c'est la meilleure de la ville.
Aussi, de la charcuterie au Cochon Doré à coté des tissus Grazziani.
Avant d'aller au marché, j'ai traversé pour voir si, à la pharmacie Trochu, ils avaient ce que je cherchais sans quoi, je devrais aller chez Castellano, à coté de la Rotonde et pas loin de la pâtisserie Apollis (miam).
La ronde des poissonniers était comme tous les matins très animée et regorgeait de pageots, grondins, moules, crevettes et autres langoustes; j'y avais mon marchand attitré.
C'est comme pour les légumes : j'allais toujours chez Driss, un peu plus cher mais avec le plus bel étal. Beaucoup de ses légumes venaient du Fouarat à l'entrée de la ville sur la route de Tanger.
Il faut que j'aille en Médina, après les casernes et le cimetière musulman : il paraît qu'on y trouve de tout.
Ah! Ne pas oublier champignons, asperges sauvages et oeufs sur le coté de la rotonde à poissons.
J'ai rencontré Monsieur et Madame Mezeray que j'ai eu comme instituteurs (elle au CP, lui en CM2) à l'école Don Bosco. Il était très sévère mais avec le recul, heureusement que je l'ai eu !
Ils m'ont appris que le père Rémy était parti comme le père Muller mais que le père André était toujours à la tête de la paroisse. Pas de nouvelle du père Le Dantec.
Chargé comme j'étais, j'ai pris un petit taxi dans la longue file le long du marché et du commissariat (Apollis, j'irai une autre fois, en revenant du Club nautique où chaque samedi je vais faire de l'aviron; le président, Monsieur Noël, est aussi greffier au tribunal; je suis copain avec son fils).
Rue de la Mamora, je n'ai pas le temps de m'arrêter à la petite charcuterie espagnole : j'y reviendrai.
Juste avant l'avenue Clémenceau, je passe devant l'épicerie de gros qui a brûlé l'an passé, ca sent encore : quel brasier ca été !
La cigogne, glacière qui produit aussi le Judor et la bière locale, la Stock.
Le taxi m'amène à la Société Générale, en face de l'église, dans l'immeuble Paquet, qui appartient aux familles Tort et Deville.
Il sont en train de monter le chapiteau du cirque Amar à coté de la station Agip : j'irai samedi soir.
Comme je n'ai rien trouvé chez Castellano, je repars sur l'avenue Clémenceau, non pas vers le Génie où j'ai l'habitude d'aller à la piscine l'été, mais en direction de Rabat, jusqu'à l'immeuble Lupi où vient d'ouvrir la nouvelle pharmacie Karsenty. Je passe le grand rond-point avec le garage Renault et la station Mobil chez Jego.
Avant, juste en face de la villa Deville et de l'immeuble où il y a le cabinet d'avocat Lanfranchi (son fils: un copain), c'était fermé chez Lecoeur, le magasin de pièces auto.
Je prend le pain à la Parisienne juste un peu en retrait de l'avenue : c'est le meilleur!
C'est fou le nombre de camions Magirus Deuz de la Société des Cartons et Papiers que l'on croise! Et les violets de M'chiche !
Dimanche, j'irai à la messe à la chapelle de la Ville haute à moins que ce ne soit à celle de Mehdia (tout en haut, dans un demi tonneau). J'irai réserver une table chez Boniface pour une bouillabaisse mémorable !
En revenant, je suis passé au rond point de l'horloge. Il y avait encore au centre les bouteilles et autres chocolats déposés le 1er janvier pour le flic qui fait la circulation.
Ca me fait penser qu'il faudra que je m'arrête porter du linge au nettoyage presqu'en face du magasin de cycles où j'ai rapporté mon vélo : il ne doit pas être prêt.
J'ai acheté des vis dans la quincaillerie de l'immeuble Europa.
Zut! J'ai oublié de m'arrêter chez le médecin !
Le docteur Bolbi (des filles charmantes) est toujours surchargé, le docteur Ponsan aussi. J'ai grande confiance au Docteur Depinay (vous connaissez sa femme que l’on a pu voir des années au volant de sa Studebaker après que lui soit parti au Congo sur les pas du Docteur Schweitzer).Son cabinet est rue Bousquet dans une belle villa d'angle. Il m'a demandé de passer une radio : j'irai chez Vilatte un de ces jours (c'est dans la rue qui coupe l'avenue Clémenceau à l'immeuble Lupi).
Ce n'est pas grave, j'irai après avoir déjeuné à la Chênaie, chez madame Aujoulat, sur le champs de course déserté depuis longtemps maintenant (comme le champ d'exposition au début de la route de Marchant qui prend après le passage à niveau, à droite de la maison des Eaux et Forêts); les enfants pourront jouer au golf miniature : ils adorent. Ils ont des danois et le serveur, Saïd, vient d'acheter un petit resto au coin de la rue Georges V et de la rue Albert 1er, le Madrigal.
Ca me changera du Régina sur l'avenue qui monte vers le Contrôle. C'est là que j'ai vu récemment Monsieur Brignon qui habite tout prés ; il a une ferme à Ksiri. Toute l'année il est en short: vous le reconnaîtrez de loin ! Il parlait avec Francescheli, le plombier voisin.
La Fenière sur la route de Rabat, c'est passé de mode. L'hiver, surtout si on a envie d'une choucroute, on va à l'Auberge savoyarde à Bouknadel (sur le bord de la route, en face de l'usine de tuyaux) mais, le mieux, surtout dès que le soleil revient, on se retrouve sur la plage de nations, au Firdaous : qu'est-ce qu'on y mange bien !
Ca me fait penser à Mehdia où nous pourrons aller bientôt nous baigner. La saison sera "déclarée" ouverte après le lundi de Pâques où la coutume est celle d'un pique-nique au lac de Sidi Boughaba. J'adore ce coin. Au bout il y a un Marabout tout blanc qui a lui seul vaut la balade.
Demain, il faudra que j'aille faire une visite à la bibliothèque de l'école Don Bosco pour prendre quelques livres et parler un peu avec Madame Auber qui s'en occupe.
Tant que j'y suis, je monterai à l'école de la Sainte Famille, sur la place du Contrôle, pour saluer Soeur François Xavier et soeur Marie-Reine, institutrices de ma mère.
Si j'ai le temps, j'irai aussi au Consulat de France qui n'est pas loin, à coté de la rue qui longe les casernes du Génie et monte vers la Maison de Eaux et Forêts, le club de tennis puis l'hippodrome.
En y pensant, je m'aperçois qu'il y a des quartiers où je vais peu : la Ville Haute, le port et son école, la gare, celui aussi où se trouve la Société d'Electricité.
Une autre fois, je vous amènerai à la base faire quelque emplettes au PX, le supermarché américain où on trouve des tas de choses, mais il faut un laisser passer.
Avec un peu de chance nous verrons amerrir un des derniers hydravions.
Si vous voulez pouvoir m'accompagner, appelez-moi au 22-72 : j'essaierai de vous avoir un laisser passer.
A bientôt.
